Procès en appel du financement libyen : « Sa mémoire a évolué »… Sarkozy répond à Guéant sur un tempo plus doux

Procès en appel du financement libyen : « Sa mémoire a évolué »… Sarkozy répond à Guéant

À la cour d’appel de Paris, Nicolas Sarkozy, 71 ans, a pris la parole ce mercredi pour répondre aux allégations de Claude Guéant, ancien secrétaire général de l’Élysée, qui fragilisent sa défense dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. L’ancien président, vêtu d’un costume sombre, d’une chemise blanche et d’une cravate noire, a modéré ses critiques envers son ancien collaborateur, déclarant : « Ça ne veut pas dire que je pense que Monsieur Guéant ment. Sa mémoire a évolué, c’est son droit. »

L’audience a été ouverte par le président de la cour, Olivier Géron, qui a lu deux courriers de Guéant, absent pour des raisons de santé. Dans ces documents, Guéant évoque une scène lors d’un dîner à Tripoli, où Sarkozy aurait demandé à Mouammar Kadhafi de répéter une préoccupation concernant Abdallah Senoussi, un dignitaire libyen condamné à perpétuité. Sarkozy a catégoriquement nié l’existence de cet échange, le qualifiant d’« invraisemblable » et affirmant qu’aucun des deux n’avait jamais voulu agir en faveur de Senoussi.

Sarkozy a également souligné qu’il avait toujours pris des positions fermes contre une grâce pour Senoussi, rappelant que la question n’avait pas été abordée lors de sa conversation avec Kadhafi en mai 2007, ni lors de la visite de ce dernier à Paris en décembre de la même année.

Concernant les déplacements de Guéant en Libye entre 2008 et 2010, Sarkozy a admis une méprise sur son niveau d’information à ce sujet, affirmant que Guéant avait pu lui faire un compte rendu des pressions libyennes. Il a insisté sur le fait que, à l’époque, la Libye ne figurait pas parmi ses priorités, étant davantage préoccupé par la crise financière.

Interrogé sur un coffre que Guéant possédait dans une banque, Sarkozy a exprimé son incrédulité quant à l’idée qu’il contenait des fonds illicites, réaffirmant le droit de Guéant à la présomption d’innocence. Sarkozy a également manifesté son soutien envers Guéant, âgé de 81 ans, qui n’était pas présent pour défendre son honneur.

L’avocat de l’association Sherpa, partie civile dans le procès, a demandé si les attestations de Guéant n’étaient pas un « non-événement ». Sarkozy a répondu qu’il ne serait pas « aussi brutal ou désagréable » dans ses commentaires.

Cette audience s’inscrit dans un contexte juridique complexe, alors que l’ancien président fait face à des accusations de financement illégal de campagne, une affaire qui continue de susciter l’intérêt médiatique et public.

Source : 20 Minutes

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