
Le déni de grossesse au cœur du procès en appel d’Audrey B.
Il y aura bientôt six ans, un nouveau-né était retrouvé dans la poubelle d’un train à Marseille. Pour avoir causé la mort de son bébé, Audrey B. comparait devant la Cour d’appel de Douai. Condamnée à 18 ans de réclusion en première instance, elle reconnaît les faits, mais la question du déni de grossesse et de l’altération du discernement reste au cœur des débats.
Depuis l’ouverture du procès en appel d’Audrey B. à Douai, le 11 mai 2026, enquêteurs, psychiatres et médecin légiste se succèdent à la barre. Ces experts cherchent à éclairer la personnalité de cette femme et à établir s’il y a eu ou non altération du discernement au moment de la mort de son nouveau-né.
Cette grossesse, cachée à son entourage, y compris à son compagnon, était-elle conscientisée ? Y a-t-il eu un déni de grossesse ? Si oui, était-il partiel ou total ? Ces questions sont déterminantes pour la suite du procès, car le tribunal devra estimer si le geste fatal de cette maman était prémédité.
À la barre, le médecin légiste a rappelé que le nourrisson était mort des suites d’une asphyxie mécanique, c’est-à-dire après un étouffement. Ce que reconnaît l’accusée depuis son premier interrogatoire. Très émue, elle a déclaré souhaiter « parler » et a reconnu sa responsabilité concernant les faits. Son interrogatoire principal doit avoir lieu le 13 mai.
Audrey B. est également maman d’un garçon de 17 ans. Elle a passé 13 ans en couple avec un homme violent, ce qui a conduit à un déni de grossesse jusqu’au septième mois lors d’une grossesse précédente. En 2021, une nouvelle grossesse surprise avec un nouvel homme a suscité des craintes chez elle, notamment la peur de perdre cette relation bienveillante. Cela soulève des interrogations sur son état psychologique et ses motivations.
Le drame s’est déroulé le 13 septembre 2021, lorsqu’un nouveau-né a été découvert mort dans la poubelle des toilettes d’un train Ouigo, arrivé en gare de Marseille. Audrey B. a été interpellée un mois après les faits.
Lors du premier procès à Saint-Omer en décembre 2024, elle a été condamnée à 18 ans de réclusion pour meurtre sur mineur. Bien qu’une altération de son discernement ait été retenue, cette lourde condamnation a laissé un goût amer à la défense et aux parties civiles.
Fanny Malbranc, l’avocate du père du nouveau-né, a également fait appel du jugement. Elle souligne que l’enjeu est d’établir le préjudice subi par son client tout en espérant une peine plus juste pour Audrey B., estimant que la peine de première instance était trop sévère.
Le procès doit s’achever le 13 mai.
Source : France Télévisions



