
En images « C’est du spectacle » : au Salvador, le procès collectif des membres du gang MS-13 se transforme en opération médiatique
Des organisations de défense des droits humains redoutent que ce procès collectif ne conduise à la condamnation d’innocents, en l’absence d’une individualisation des responsabilités pénales.
Publié le 07/05/2026
Des images frappantes font le tour du monde. Le procès des membres du gang de la Mara Salvatrucha (MS-13), qui a débuté fin avril, est perçu tant comme un « acte d’exhumation de la vérité » que comme une opération « médiatique », selon des experts consultés par l’AFP. Ingrid Escobar de l’ONG Socorro Jurídico déclare : « C’est du spectacle ». Elle souligne que « 30 000 innocents » actuellement en détention pourraient être condamnés à l’issue du procès.
Les 22 membres de la hiérarchie historique du MS-13, accusés d’avoir commis plus de 29 000 meurtres, sont jugés collectivement avec 486 autres membres depuis deux semaines. Assis sur des chaises en plastique dans leur prison de haute sécurité, ils suivent les audiences retransmises par haut-parleurs. Le Centre de confinement du terrorisme, inauguré en janvier 2023, symbolise la « guerre » contre les gangs menée par le président Nayib Bukele depuis 2022, ayant conduit à l’incarcération sans mandat judiciaire de quelque 92 000 suspects.
Des organisations de défense des droits humains craignent que ce procès collectif ne mène à la condamnation d’innocents, sans individualisation des responsabilités pénales. Selon les autorités, environ 63 000 membres du MS-13 sont incarcérés dans le pays. Plébiscité par la population pour avoir drastiquement réduit la violence et les homicides, le président Bukele justifie ce procès collectif par la « responsabilité de commandement », le comparant même au procès de Nuremberg.
Pour le criminologue Ricardo Sosa, il s’agit d’un « acte d’exhumation de la vérité », tandis que Miguel Montenegro, de l’ONG Commission des droits de l’homme, y voit une opération « médiatique » servant de prétexte à la lutte contre les gangs pour justifier l’état d’exception.
Source : AFP






