
Polytechnyl : 475 emplois supprimés après la reprise par Lone Star
Placée en redressement judiciaire depuis janvier 2026, l’entreprise chimique française Polytechnyl, implantée à Saint-Fons (Rhône) et à Valence (Drôme), a vu son avenir scellé. Le tribunal des activités économiques de Lyon a validé, le 27 avril, sa reprise par le fonds d’investissement américain Lone Star, seule offre déposée.
Cette décision a des conséquences sociales majeures : sur environ 550 salariés, seuls 72 postes seront maintenus, représentant à peine 13 % des effectifs. Entre 475 et 478 emplois seront supprimés, principalement sur les sites historiques de production. L’activité industrielle ne sera pas préservée, l’offre de reprise de 10,1 millions d’euros portant uniquement sur les brevets, la marque Technyl et les activités de recherche et commerciales. Les outils de production et le foncier ne sont pas concernés.
Filiale du groupe belge Domo Chemicals, Polytechnyl a produit des plastiques techniques à base de nylon utilisés dans divers secteurs, tels que l’automobile et l’électronique. L’entreprise, présente depuis les années 1950 dans la vallée de la chimie lyonnaise, avait déjà subi des pertes, avec 130 postes supprimés depuis l’été 2025 dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi.
Le tribunal a justifié cette situation par une trésorerie insuffisante pour poursuivre l’activité sans créer de nouvelles dettes d’exploitation.
L’annonce a provoqué un choc parmi les salariés. Une représentante syndicale a déclaré : « On est tous là depuis au moins vingt ans. Les gens sont dépités, ils se demandent ce qu’ils vont faire de leur vie. » Les syndicats dénoncent une reprise jugée « lamentable » et un montant proposé « dérisoire », certains préférant une liquidation pure et simple. Ils soulignent également un déséquilibre économique, affirmant que les seuls stocks de matières premières pourraient valoir près de 17 millions d’euros, bien plus que l’offre de rachat.
L’impact de cette décision pourrait s’étendre à l’écosystème industriel local. Le site de Saint-Fons fournit de la vapeur et de l’eau chaude à d’autres usines, et un arrêt de cette activité pourrait déclencher un « effet domino » sur d’autres entreprises de la région.
Cette situation illustre les difficultés du secteur chimique en Europe, confronté à la hausse des coûts énergétiques et à une demande en baisse. Elle relance également le débat sur la réindustrialisation en France, alors que les salariés et les élus locaux dénoncent un manque de soutien public.
Pour les territoires concernés, les chiffres sont significatifs : plus de 470 emplois supprimés, environ 100 postes indirects menacés, et une activité industrielle historique qui disparaît presque totalement, représentant un choc social majeur pour la vallée de la chimie.
Source : La Dépêche, Le Progrès.




