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Pour identifier une plante, votre application propose de prendre plusieurs types de photos : des photos de fleurs, de feuille, de fruit, d’écorce, de la plante entière. Quels sont les types de données que vous avez le plus ?
P. B. et A. J. : Ce sont les fleurs, notamment parce que les périodes où PlantNet est le plus utilisé sont les saisons de nombreuses floraisons, le printemps, le début de l’été. Les fleurs sont alors des motifs attractifs qui déclenchent l’observation. Ce sont aussi les clés visuelles les plus performantes, celles qu’ont beaucoup utilisées les botanistes dans le passé.
Sur PlantNet, après les fleurs, on constate un degré de performance décroissant avec les fruits, les feuilles et ensuite les rameaux et écorces, qui sont plus difficiles parfois aussi à prendre en photo, même si l’on encourage toujours les utilisateurs à utiliser plusieurs critères (fleur et fruit, fleur et feuille…) à chaque fois pour maximiser leur chance d’identification correcte.
Que se passe-t-il si PlantNet ne trouve pas de correspondance entre la photo prise et une espèce connue ?
P. B. et A. J. : La gestion de l’ignorance reste un problème très difficile pour toutes les IA, celle de PlantNet ne fait pas exception. Certaines espèces sont très peu représentées, et il est très dur d’apprendre au modèle à faire la différence entre quelque chose qui est très rare dans la base de données d’apprentissage et quelque chose qu’on n’a pas du tout. On cherche du coup plutôt à quantifier l’incertitude, décider quand le modèle est incertain ou pas. On travaille avec notre équipe sur la création d’intervalles de confiance. C’est pour cela que, dans ces cas-là, l’application proposera plusieurs espèces.
Mais une réalité rend ce travail difficile : les nouvelles espèces ressemblent souvent à des espèces déjà connues. On pense qu’une nouvelle espèce va être très folklorique visuellement, mais ce n’est pas nécessairement le cas.
Il y a aussi la problématique des plantes ornementales, hybrides. Il y a toujours des créations de plantes. On les couvre, mais moins bien que le reste actuellement, même si on essaie de pallier cette difficulté.
On tâche aussi tout simplement de recenser de plus en plus de plantes. PlantNet couvre aujourd’hui 85.000 espèces sur les 400.000 estimées, sachant qu’on en découvre 2000 nouvelles par an. Ces découvertes sont faites par des taxonomistes du monde entier, notamment via le réseau World Flora Online, qui regroupe plusieurs dizaines d’universités, d’herbiers, de jardins botaniques, et que PlantNet a rejoint en 2025.
En se rapprochant de ces réseaux-là, on va pouvoir améliorer les cas où PlantNet a de faibles performances, notamment lorsque des espèces nouvelles émergent grâce au travail de ce réseau de taxonomistes qui fait progresser la connaissance en divisant, par exemple, ce qu’on pensait jusque-là être une seule espèce, mais qui en représente, en fait, plusieurs ou, à l’inverse, en regroupant ce qu’on pensait être différentes espèces mais qui se révèle en réalité n’être qu’une seule plante.
PlantNet : Quand la Nature se Fait Numérique, mais Pas Trop
85.000 espèces identifiées, mais l’ignorance reste reine. Une application qui promet de tout savoir, mais qui peine à reconnaître l’inconnu.
Dans un monde où l’on prétend que la technologie peut résoudre tous nos problèmes, PlantNet se présente comme le sauveur des amateurs de botanique. Mais derrière cette façade d’érudition florale, se cache une réalité bien plus complexe. Les fleurs, ces belles créatures colorées, sont les stars du show, tandis que les fruits, feuilles et écorces jouent les figurants. En somme, une application qui brille par son incapacité à gérer l’incertitude, tout en se pavanant avec des chiffres impressionnants.
Ce qui se passe réellement
Pour identifier une plante, PlantNet demande plusieurs types de photos : fleurs, feuilles, fruits, écorces, et même la plante entière. Les fleurs, bien sûr, sont les plus populaires, car elles fleurissent au printemps et en été, attirant l’œil des utilisateurs. Après les fleurs, la performance de l’application chute avec les fruits, les feuilles, et enfin les rameaux et écorces, qui sont souvent plus difficiles à photographier. Mais que se passe-t-il quand l’application ne trouve pas de correspondance ? La gestion de l’ignorance devient alors un casse-tête. PlantNet ne peut pas toujours faire la différence entre une espèce rare et une espèce inconnue. La solution ? Proposer plusieurs espèces, parce qu’après tout, qui n’aime pas un bon jeu de devinettes ?
Pourquoi cela dérange
La réalité est que certaines espèces sont si peu représentées qu’elles échappent complètement à l’algorithme. Et quand une nouvelle espèce fait son apparition, elle ressemble souvent à une espèce déjà connue. Une belle ironie pour une application qui se veut à la pointe de la technologie. En plus, les plantes ornementales et hybrides compliquent encore les choses. PlantNet couvre 85.000 espèces sur les 400.000 estimées, mais avec 2.000 nouvelles découvertes chaque année, on se demande si l’application ne va pas finir par se retrouver à la traîne.
Ce que cela implique concrètement
Les utilisateurs de PlantNet, en quête de réponses, se retrouvent souvent face à des incertitudes. Une application qui devrait faciliter l’identification des plantes devient un outil de confusion. Les promesses de précision et de connaissance se heurtent à la réalité d’un monde botanique complexe et en constante évolution.
Lecture satirique
Ironiquement, alors que PlantNet se vante de son efficacité, elle semble ignorer que la nature ne se plie pas aux algorithmes. Les discours politiques sur la technologie comme solution à tous nos problèmes résonnent ici avec une absurdité frappante. Qui aurait cru qu’une application dédiée à la botanique serait aussi déconcertante que les promesses électorales de certains leaders politiques ?
Effet miroir international
Dans un monde où les gouvernements tentent de contrôler la connaissance et l’information, PlantNet nous rappelle que même la science peut être sujette à des limitations. Les promesses de transparence et de vérité se heurtent à la complexité de la réalité, tout comme les discours autoritaires qui prétendent détenir la vérité absolue.
À quoi s’attendre
Si PlantNet continue sur cette lancée, on peut s’attendre à une application qui, malgré ses bonnes intentions, pourrait finir par devenir un outil de désinformation. Les utilisateurs devront naviguer dans un océan d’incertitudes, tout en espérant que les taxonomistes du monde entier parviennent à rattraper le retard.
Sources




