Ce dimanche 12 avril se déroulaient les épreuves masculines et féminines de Paris-Roubaix. Une course importante devenue une habitude pour certains comme Anthony Turgis (TotalEnergies), mais une première pour d’autres comme l’équipe féminine Mayenne-Monbana-My Pie.

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Le baptême du feu pour Mayenne-Monbana

Ce dimanche 12 avril était un jour à marquer d’une pierre ou d’un pavé blanc pour l’équipe féminine Mayenne-Monbana-My Pie. Les Mayennaises participaient pour la toute première fois, avec ce nom d’équipe, à Paris-Roubaix Femmes.

Après Milan-San-Remo et le Tour des Flandres, c’était le troisième « monument » du cyclisme sur lequel elles prenaient le départ.

Pour la Mayennaise Justine Jégu, c’était un baptême du feu. « C’était une course vraiment spéciale à laquelle j’avais hâte de participer. Personnellement, c’était une journée un peu compliquée mais je m’y attendais un peu », confie la jeune femme. Je pense qu’il faut beaucoup d’expérience pour performer sur ce genre de course. J’ai manqué d’expérience et de placement sur des secteurs et je me suis retrouvée rapidement en difficulté. »

La jeune femme a terminé hors délai, mais tenait à boucler la course.

Mais c’est une course qu’on n’abandonne pas, Paris-Roubaix, donc j’ai réussi à rallier l’arrivée, à aller jusqu’au vélodrome.

Justine Jégu

Cycliste professionnelle pour Mayenne-Monbana-My Pie

Depuis petite, celle qui a grandi à Méral en Mayenne a toujours adoré Paris-Roubaix. « Je trouve que c’est l’une des plus belles courses de la saison avec Milan-San-Remo. Forcément, se retrouver dans le décor, ça fait vraiment spécial et bizarre. »

La jeune femme a également adoré le soutien du public au bord de la route. « On avait peur que le public ne reste pas pour les filles parce que les hommes étaient passés avant. Mais finalement les vrais passionnés sont restés. Il y avait énormément de monde tout au long du parcours. Ils ont encouragé du premier au dernier ».

La Mayennaise Justine Gegu termine hors-délai mais a tout donné pour boucler le parcours et arriver sur le vélodrome de Roubaix

© Gaëtan Flamme

Leur leader, l’Américaine Natalie Quinn, termine à la 66ᵉ place, à 11 minutes de la vainqueure du jour, l’Allemande Franziska Koch (FDJ United-Suez).

Une première encourageante pour l’équipe mayennaise, qui n’a pas connu de crevaison ni de chutes. « Il faut se dire que c’est de l’expérience emmagasinée : on avait 4 filles sur 6 qui n’avaient jamais fait Roubaix et on sait que ce n’est pas notre terrain favori », déclare Damien Pommereau, le directeur sportif.

L’équipe Mayenne-Monbana-My Pie sera prochainement sur les Ardennaises avant de prendre le départ du Tour de France Femmes en 2026.

Une 14ᵉ place pour TotalEnergies et Anthony Turgis

Longtemps placé à l’avant de la course et dans les bons coups, le coureur de l’équipe vendéenne TotalEnergies Anthony Turgis a fait preuve de malchance dans ce Paris-Roubaix.

Le coureur a notamment été pénalisé par deux crevaisons et a perdu de l’énergie pour revenir sur le groupe de devant. Au lendemain de la course, à froid et malgré les galères, le coureur préfère relativiser.

« On se dit qu’on peut toujours faire mieux, après ça reste quand même une très bonne place, la journée était très dure aussi, commente-t-il. Il y avait quelques places qui étaient accessibles à l’arrivée sur le vélodrome, c’est une petite déception mais ça n’empêche pas que je reste content de ma course. »

Habitué de la course, 18ᵉ de l’Enfer du Nord en 2019 et 13ᵉ en 2021, le coureur de la TotalEnergie s’émerveille toujours de l’ambiance et de la magie de Paris-Roubaix. Mais aussi de sa difficulté. « On finit vraiment fatigué. Après il y a des éditions particulières quand il pleut. Mais qu’on soit premier ou dernier de la course, on est tous vraiment fatigués. Ça demande beaucoup d’énergie de rouler sur les pavés. »

Le coureur de l’équipe vendéenne TotalEnergies Anthony Turgis a terminé 14ᵉ de Paris-Roubaix

© @TeamTotalEnergies

Une performance pour Vendée U

Dans la catégorie des Espoirs, les coureurs de l’équipe Vendée U-Primeo Énergie ont réalisé une très belle course et ont respecté la stratégie à la lettre.

Présents dès l’échappée matinale, les Vendéens font la course parfaite. Derrière, Gabin Gicquel parvient à accrocher un groupe de poursuivants et à revenir sur les échappées. « J’ai récupéré mon coéquipier Johan et mes autres coéquipiers ont fait pareil et sont revenus sur l’échappée eux aussi, détaille le jeune Français. On a fait une super course, on n’a pas loupé de coups. »

Le jeune Gabin Gicquel termine 7e de cette édition de Paris-Roubaix Espoirs

© @VendeeUPrimeoEnergie

Finalement, la victoire s’est jouée au sprint entre un groupe de neuf coureurs. Le jeune Gabin Gicquel, présent à l’avant, termine à la septième place de la course, remportée par Davide Donati (Red Bull-Bora-Hansgrohe Rookies). Il est le premier Français et réalise la meilleure performance de son équipe sur l’épreuve depuis plus de 10 ans.

C’est une fierté, je suis super content de ce que j’ai réussi à faire. C’est aussi grâce au travail de toute l’équipe et de tout le staff

Gabin Gicquel

Coureur du team Vendée U – Primeo Energie

Pour une première sur l’épreuve, le jeune homme a aussi pu découvrir une course qu’il regarde depuis petit à la télévision. « L’ambiance dans les secteurs pavés et même au vélodrome, c’est quelque chose d’incroyable, déclare Gabin. Quand tu arrives, le bruit et l’ambiance qu’il y a, c’est quelque chose. C’est aussi une course très dure sur les pavés. C’est toujours une course que j’ai adorée, c’est un rêve de faire une course comme ça déjà. C’est une course de guerriers. »

Pour la suite, le jeune homme de 18 ans ne connaît pas encore les courses sur lesquelles il sera aligné.

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Paris-Roubaix : Quand les pavés révèlent les inégalités

Ce dimanche 12 avril, Paris-Roubaix a vu des coureurs s’affronter sur des pavés légendaires, mais derrière la gloire des champions, se cache une réalité bien moins reluisante pour les équipes féminines.

INTRODUCTION

Ce dimanche 12 avril, les épreuves masculines et féminines de Paris-Roubaix se sont déroulées, révélant une fois de plus le fossé entre les coureurs établis et ceux qui peinent à se faire une place. Pour certains, comme Anthony Turgis de TotalEnergies, c’est une course familière. Pour d’autres, comme l’équipe féminine Mayenne-Monbana-My Pie, c’était un baptême du feu, mais pas sans défis.

Ce qui se passe réellement

L’équipe féminine Mayenne-Monbana-My Pie a fait ses débuts dans cette course mythique, mais la réalité a été rude. Justine Jégu, l’une des coureuses, a terminé hors délai, mais tenait à boucler la course. « C’est une course qu’on n’abandonne pas, Paris-Roubaix, » a-t-elle déclaré, soulignant l’importance de l’expérience. Pendant ce temps, leur leader, Natalie Quinn, a terminé à la 66ᵉ place, à 11 minutes de la vainqueure, l’Allemande Franziska Koch. Une performance qui, malgré tout, n’a pas été entachée par des crevaisons ou des chutes, un exploit en soi.

Pourquoi cela dérange

La participation des femmes à des courses comme Paris-Roubaix est souvent perçue comme un « bonus » plutôt qu’un droit. La question de l’égalité des sexes dans le sport est encore largement débattue, et ces événements mettent en lumière les inégalités persistantes. Les femmes doivent prouver leur valeur dans un monde qui leur accorde encore peu de reconnaissance.

Ce que cela implique concrètement

Les coureuses doivent non seulement rivaliser sur le terrain, mais aussi lutter contre des préjugés ancrés. Le soutien du public, bien que présent, est souvent teinté de scepticisme. Justine Jégu a exprimé ses craintes que le public ne reste pas pour les femmes, mais a été agréablement surprise par le nombre de passionnés qui les ont encouragées.

Lecture satirique

Il est ironique de constater que, dans un sport où l’égalité devrait être célébrée, les femmes doivent encore se battre pour être vues et entendues. Pendant que les hommes s’illuminent sous les projecteurs, les femmes doivent se contenter des ombres. Les promesses d’égalité se heurtent à la réalité des inégalités, et les discours politiques sur l’égalité des sexes semblent souvent déconnectés de la réalité des coureuses.

Effet miroir international

À l’échelle mondiale, cette situation n’est pas unique. Des pays comme les États-Unis et la Russie, où les discours sur l’égalité des sexes sont souvent en contradiction avec les réalités vécues, montrent que le chemin vers l’égalité est semé d’embûches. Les coureuses de Paris-Roubaix ne sont qu’un reflet de cette lutte plus vaste.

À quoi s’attendre

À l’avenir, les équipes féminines comme Mayenne-Monbana-My Pie devront continuer à se battre pour leur place. Avec des événements comme le Tour de France Femmes en 2026, l’espoir est que ces coureuses puissent un jour rivaliser sur un pied d’égalité avec leurs homologues masculins.

Sources

Source : france3-regions.franceinfo.fr

C'est une course qu'on n’abandonne pas !

Visuel — Source : france3-regions.franceinfo.fr
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