Chaque jour, 1,5 tonne de produits est confisquée aux passagers de l’aéroport Marseille Provence, pour non-conformité aux règles de sécurité. Longtemps jetées à la poubelle, ces denrées ont depuis le mois de janvier une tout autre vocation.
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Une bouteille d’eau ? Un pot de miel ? Un tube de dentifrice ? Certains passagers arrivent au poste de contrôle avec des produits interdits en cabine « Pas vu pas pris » tentent certains. Ils se présentent avec ces produits et repartent sans. Une grande quantité de denrées qui finissaient à la poubelle sont aujourd’hui redistribuées par le Samu social de Marseille. Avec l’accord du passager pour ces dons.
L’aéroport Marseille-Provence confisque 1,5 tonne de produits par jour. Avant, ils étaient jetés, maintenant, ils sont redistribués « Tant pis mais tant mieux, » dit celui qui a eu cette idée, Jérôme Dominjon, responsable multiservice de l’aéroport. En voyant une famille dans l’obligation d’abandonner plusieurs articles, il s’est dit que c’était du gâchis et qu’une action solidaire pourrait être mise en place. Le système fonctionne depuis le mois de janvier, il existe déjà à Nantes et Nice. À Marseille, c’est Suez qui a organisé la collecte.
« Nous espérons à terme pouvoir étendre les collectes à davantage d’articles éligibles, au bénéfice du plus grand nombre » déclare Jérôme Dominjon. Tous les produits ne sont pas éligibles au don. Ils doivent être scellés, non entamés, sans alcool et non concernés par la chaîne du froid. La moitié des produits confisqués est liquide.
– 60% des produits liquides sont alimentaires (boissons fermées, conserves, pâtes à tartiner). Ils sont destinés aux maraudes et associations de distribution d’aide soutenues par le Samu social de la ville de Marseille.
– 40% des produits entrent dans la catégorie hygiène (gel douche, shampoing, déodorant, gels à raser, crème solaire, dentifrice…). Ils sont destinés aux douches municipales et aux kits d’hygiène.
– L’alimentaire en emballage et les produits d’hygiène en petit format sont distribués pendant les maraudes.
– Les produits d’hygiène en grand format et de qualité vont à l’espace solidarité, avenue Foch.
Trois fois par semaine, le Samu social collecte les dons à l’aéroport. Entre les différents points de distribution, ses équipes peuvent toucher environ 300 personnes.
« Pouvoir boire un soda frais, choisir entre un jus de fruit ou une eau pétillante, ça change tout pour eux. Le choix, la fraîcheur, c’est du superflu, ça ne leur arrive jamais », décrit Elsa Peinturier, responsable du Samu social.
Une équipe du Samu social en préparation pour une maraude.
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© Ville de Marseille
Le produit venu de l’aéroport peut prendre la forme d’une bonne huile d’olive « ça change, ça n’est pas comme le gros bidon d’huile d’arachide que les structures sociales ont les moyens d’acheter habituellement. Les femmes peuvent manger quelque chose de choisi, c’est un luxe, un plaisir. » Même effet pour les produits d’hygiène. Dans les douches municipales de l’espace solidarité, « on peut leur proposer des produits de qualité. Pour elles, c’est un luxe de se faire un soin pour les cheveux. Mais pas n’importe quel soin, un pour leurs cheveux longs et raides, par exemple, comme leurs cheveux.)
Avoir le choix, s’éloigner des besoins primaires pour goûter au superflu, donne un sentiment de normalité. Même raisonnement pour les enfants des écoles à Noailles ou Belsunce. « On leur donne un peu de Nutella au petit-déjeuner. Ce produit est très fréquemment confisqué au poste sécurité de l’aéroport. C’est un aliment plaisir. Évidemment, ça change d’une assiette de pâtes ou de riz sans rien d’autre et ils peuvent parler de leur petit-déjeuner en récréation, ils sont dans la normalité. »
Cette organisation solidaire a également des bénéfices sur le calme qui s’est installé au poste de filtrage à l’aéroport. Les scandales pour des produits confisqués ont fait place à ne plus grande compréhension. Un effet inattendu.
« Tant pis mais tant mieux » : Quand les produits confisqués à l’aéroport deviennent des dons
Chaque jour, 1,5 tonne de produits est confisquée à l’aéroport Marseille Provence. Longtemps jetées, ces denrées ont trouvé une nouvelle vocation : aider les plus démunis.
Introduction
Chaque jour, 1,5 tonne de produits, allant de la bouteille d’eau au pot de miel, est confisquée aux passagers de l’aéroport Marseille Provence pour non-conformité aux règles de sécurité. Au lieu de finir à la poubelle, ces denrées sont désormais redistribuées par le Samu social de Marseille. Une initiative qui, sous couvert de solidarité, soulève des questions sur notre rapport à la consommation et à la sécurité.
Ce qui se passe réellement
Les passagers, parfois un peu trop audacieux, tentent d’introduire des produits interdits en cabine, pensant que le slogan « Pas vu, pas pris » s’applique à leurs pots de confiture. Mais l’aéroport ne rigole pas : 1,5 tonne de produits est confisquée chaque jour. Jérôme Dominjon, responsable multiservice de l’aéroport, a eu l’idée de redistribuer ces produits au lieu de les jeter. « Tant pis mais tant mieux, » dit-il, comme si le gâchis était une fatalité à laquelle il fallait s’adapter.
Les produits doivent être scellés, non entamés, sans alcool et non concernés par la chaîne du froid. En gros, il faut que ce soit des produits « sains » pour être donnés. Environ 60 % des produits confisqués sont des aliments, tandis que 40 % relèvent de l’hygiène. Ces produits sont ensuite redistribués aux maraudes et associations d’aide.
Pourquoi cela dérange
Cette initiative, bien que louable, met en lumière une incohérence flagrante : pourquoi attendre que des produits soient confisqués pour agir ? Cela soulève des questions sur notre système de sécurité, qui semble plus préoccupé par les règles que par l’humain. La redistribution de ces produits pourrait-elle être un moyen de masquer un échec plus profond de notre société à prendre soin des plus vulnérables ?
Ce que cela implique concrètement
En redistribuant ces produits, l’aéroport de Marseille ne fait que pallier une situation qu’il a lui-même contribué à créer. Les bénéficiaires, souvent en situation de précarité, reçoivent des produits de qualité, mais cela ne remplace pas une politique sociale proactive. Le choix entre un soda frais et un jus de fruit devient un luxe pour ceux qui n’ont pas les moyens de se l’offrir.
Lecture satirique
Ironiquement, cette situation rappelle les discours politiques sur la solidarité et l’entraide. Les promesses de soutien aux plus démunis se heurtent à la réalité d’un système qui préfère confisquer que partager. Pendant ce temps, les discours politiques se multiplient, vantant des mesures qui ne voient jamais le jour. On pourrait presque croire que l’aéroport Marseille-Provence est devenu le champion de la solidarité, alors qu’il ne fait que gérer les conséquences de ses propres règles.
Effet miroir international
À l’échelle internationale, cette situation trouve un écho dans les politiques autoritaires qui, sous couvert de sécurité, restreignent les libertés individuelles. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la logique est la même : la sécurité avant tout, même si cela signifie sacrifier l’humain.
À quoi s’attendre
À l’avenir, il est à espérer que cette initiative se transforme en un véritable programme de redistribution proactive, plutôt que de rester une solution temporaire à un problème systémique. Les tendances actuelles laissent penser que la société pourrait évoluer vers une prise de conscience plus grande des inégalités.
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr

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