
Pédopsychiatrie : La question sensible de l’isolement et de la contention
L’isolement et la contention des patients mineurs hospitalisés en psychiatrie sont des pratiques qui, bien qu’elles devraient rester exceptionnelles, suscitent de plus en plus d’inquiétudes. Ces méthodes sont revenues sur le devant de la scène après la fermeture, en février, de quatre unités d’hospitalisation de la Fondation Vallée à Gentilly (Val-de-Marne). Cet établissement, l’un des principaux hôpitaux pédopsychiatriques d’Ile-de-France, est accusé d’y recourir de manière récurrente.
La portée de ces mesures de restriction est difficile à évaluer, car aucun recensement national n’existe. Toutefois, Dominique Simonnot, Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, a souligné, dans un avis rendu public en décembre 2025, un « recours massif » à des mesures d’isolement lors de ses visites dans des établissements de santé mentale. Elle a noté que, bien que les établissements invoquent la rareté de ces mesures, les chiffres varient considérablement, allant de 15 % à 40 % de patients isolés selon les établissements.
L’autorité indépendante plaide pour une interdiction de l’isolement et de la contention des mineurs et appelle à la création d’un « statut unique » pour ces jeunes patients. Dominique Simonnot a déclaré : « L’affaire de la Fondation Vallée a fait scandale, mais je ne crois pas que d’autres services ne continuent pas à isoler et à contentionner des mineurs. Et, comme c’est illégal, cela échappe au contrôle du juge. » Elle met en lumière le flou juridique qui entoure la situation des mineurs, précisant que seuls ceux hospitalisés « sans consentement » peuvent, dans certaines conditions strictes, être soumis à l’isolement ou à la contention. Or, la majorité des mineurs sont pris en charge en « soins libres », à la décision de leurs parents.
La situation soulève des questions éthiques et juridiques, d’autant plus que ces pratiques touchent des enfants vulnérables, ce qui nécessite une réflexion approfondie sur leur utilisation et leur réglementation.
Source : Le Monde



