Payés 1700 € pour travailler la nuit : la grève des salariés de la stérilisation menace les opérations du CHU et des cliniques à Dijon

Un débrayage a débuté mardi matin devant l’entreprise USCPP, située à proximité du CHU de Dijon Bourgogne, pour réclamer une augmentation des salaires et des primes pour les salariés. Cette unité est chargée de la stérilisation du matériel médical utilisé dans les hôpitaux de Dijon.

Environ trente salariés de l’USCPP (Unité de stérilisation centrale publique privée de Dijon) ont entamé un débrayage à huit heures, devant leur entreprise, qui se trouve entre le CHU de Dijon Bourgogne et le Centre Georges-François Leclerc (CGFL). Ils réclament une revalorisation salariale dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. Les équipes de l’après-midi et de nuit prévoient de rejoindre le mouvement pour faire pression sur la direction.

L’USCPP fournit du matériel stérile au CHU ainsi qu’à l’hôpital privé Dijon Bourgogne de Valmy et à la clinique privée Bénigne Joly de Talant. Environ 70 salariés assurent la production de cet équipement indispensable, mais se disent surchargés et manquent de reconnaissance.

Karima Sanchez, élue CGT à l’USCPP, a déclaré : « Avec l’ouverture de l’école dentaire de l’Université de Dijon et ses 12 fauteuils, notre activité a presque doublé sans augmentation d’effectifs. On affronte une quantité énorme de matériel à traiter, avec en plus les demandes des urgences. »

L’entreprise, qui fonctionne sur un modèle à but non lucratif et appartient en partie au CHU de Dijon Bourgogne, est en sous-effectif, ce qui complique le maintien de ses employés. Selon la CGT, l’attractivité salariale est insuffisante. « Un salarié de nuit n’est payé que 1700 euros par mois, en travaillant de 21 heures à 5 heures du matin », a ajouté Sanchez, qui demande une augmentation de 2 % des salaires et le déblocage d’une prime de partage de la valeur de 1000 euros pour l’année 2026.

Avec une trentaine de salariés le matin, une vingtaine l’après-midi et une quinzaine travaillant sur les créneaux de nuit, l’USCPP fonctionne en sous-effectif, ce qui entraîne des risques de surcharge psychologique et de démission. « Ils veulent qu’on aille toujours plus vite et on nous impose des heures supplémentaires obligatoires. Cela commence à peser sur le moral de tous les agents », a affirmé Karima Sanchez.

À la mi-journée, une réunion s’est tenue entre les salariés et la direction, mais les propositions avancées n’ont pas satisfait les travailleurs : seulement 1,5 % d’augmentation sur les salaires et une prime de partage de la valeur de 300 euros, dégressive selon les absences, contre les 1000 euros demandés.

Le mouvement de débrayage se poursuivra demain matin, selon le syndicat. Ce mouvement pourrait avoir des répercussions sur l’activité opératoire du CHU de Dijon Bourgogne, qui n’a pas répondu à nos sollicitations.

Source : France 3 Régions

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