
Un club de basket pro se pilote comme une entreprise : Analyse de Paul Seignolle, président de l’ADA Blois
Alors que l’Orléans Loiret Basket (OLB) s’ouvre à des investisseurs américains, marquant un tournant dans le modèle économique des clubs, Paul Seignolle, président de l’ADA Blois Basket depuis 2013, livre son analyse. Figure incontournable du basket français, il a fait du club blésois une référence en matière de gestion et de formation des jeunes joueurs.
Le basket professionnel français est en pleine évolution structurelle. Les budgets des clubs augmentent considérablement, en partie pour retenir les jeunes talents qui se dirigent de plus en plus vers la NCAA. Le développement du basket comme un véritable sport spectacle, avec des infrastructures de plus en plus grandes, contribue également à cette dynamique. La mise en place de la NBA Europe prévue pour 2027 devrait renforcer cette tendance. Seignolle souligne que les clubs doivent adopter une approche d’entreprise pour construire leur budget, leur statut juridique le permettant.
Il constate également un creusement de l’écart entre les petits et les grands clubs. Les clubs plus importants, assimilables à des entreprises de taille intermédiaire, disposent de budgets allant de 20 à 30 millions d’euros, tandis que l’ADA Blois, avec un budget de 4,6 millions d’euros, se classe comme une petite et moyenne entreprise.
Concernant le soutien financier des collectivités, Seignolle précise que cela doit être proportionné pour ne pas fausser la concurrence. Actuellement, la ville d’Orléans verse 1,2 million d’euros à l’OLB, alors que l’ADA ne reçoit que 630 000 euros de Blois. Il estime qu’un soutien d’un tiers est approprié, le reste devant provenir des ventes et des sponsors privés.
La Direction Nationale du Conseil et du Contrôle de Gestion (DNCCG) doit jouer un rôle clé dans la vérification des budgets, en s’assurant que les recettes reposent sur des éléments tangibles. Seignolle insiste sur le fait qu’un club doit être géré comme une entreprise, avec une surveillance quotidienne de la trésorerie et des revues budgétaires régulières.
Concernant l’arrivée d’investisseurs américains à Orléans, il considère cela comme une évolution positive, soulignant que le modèle de gestion actuel n’est pas adapté. La CO’Met Arena, avec ses 10 000 places, offre de nouvelles perspectives commerciales et sportives pour le club. Cependant, il met en garde sur le risque que le projet ne réussisse pas, comme cela a été le cas pour d’autres clubs.
L’ADA Blois Basket se porte bien tant sur le plan sportif que financier, avec un résultat positif et 241 partenaires soutenant son projet de formation. L’équipe U21 est en demi-finale du Championnat, tandis que l’équipe professionnelle a atteint les quarts de finale de la Coupe de France et est toujours en course pour l’accession en Betclic via les Play-offs.
Ambassadeur du Loir-et-Cher, l’ADA Blois Basket 41 vise à rester l’un des clubs phares d’Élite II.
Source : Magcentre.fr






