« Patrouilles médiatiques » russes sur les terres occupés

Moscou met en place des « patrouilles médiatiques » d’élèves pour traquer les publications pro-ukrainiennes sur les réseaux sociaux dans les zones occupées

Le gouvernement de la Fédération de Russie a approuvé un plan visant à établir des « cyber-milices » composées d’élèves. Ces « patrouilles médiatiques » auront pour mission de surveiller les réseaux sociaux des jeunes afin d’identifier ce qui est qualifié de « contenus destructeurs », selon les informations fournies par le mouvement de résistance « Ruban jaune », actif dans les territoires occupés.

Ces nouvelles structures seront constituées d’élèves issus de collèges et d’écoles techniques, qui effectueront un suivi régulier des pages des jeunes sur les réseaux sociaux. Ce projet s’inscrit dans une perspective à long terme, avec un plan de développement prévu jusqu’en 2030. Les représentants du mouvement « Ruban jaune » soulignent que cette initiative évoque le système de délation qui a prospéré sous Staline, tout en intégrant des outils de surveillance numérique.

Depuis l’annexion de la Crimée en 2014, des stratégies de contrôle total de la population dans les territoires ukrainiens temporairement occupés ont été mises en œuvre. De nombreux témoignages indiquent que les autorités russes ciblent les personnes affichant une position pro-ukrainienne, notamment celles dont des proches ont servi dans l’armée ukrainienne ou qui promeuvent la langue et la culture ukrainiennes.

Des cas récents illustrent cette répression : Sevil Velieva, militante du mouvement « Ruban jaune », a été arrêtée en 2024 pour avoir photographié des symboles ukrainiens à Melitopol. Les services secrets russes l’ont localisée grâce à la géolocalisation de ses clichés. De même, l’écrivain ukrainien pour enfants Volodymyr Vakulenko a été torturé à Izium pour avoir soutenu l’armée ukrainienne.

Le mouvement « Ruban jaune » a récemment été au centre d’un scandale médiatique suite à une enquête du Kyiv Independent sur les activités de résistance dans les territoires occupés. Cette enquête a suscité un débat sur la sécurité des actions de protestation et la responsabilité des donateurs. Le mouvement « Ruban jaune » et le groupe de guérilla féminine « Zla Mavka » sont soutenus par la société britannique IN2, qui a reçu des financements des gouvernements britannique et canadien.

IN2 a démenti toute implication dans des arrestations ou des tortures de militants du mouvement « Ruban jaune ». De son côté, la chercheuse ukrainienne Hanna Shelest a critiqué l’article du Kyiv Independent, affirmant que les membres du mouvement agissent de leur plein gré et sans influence extérieure.

Malgré ces défis, le mouvement « Ruban jaune » continue de recueillir des témoignages sur les mesures coercitives prises par les occupants et de fournir des informations aux habitants sur les possibilités d’inscription dans les universités ukrainiennes.

Source : Bakhmut.in.ua, Kyiv Independent

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