En Nouvelle-Calédonie, deuxième anniversaire des émeutes sur fond de tensions politiques

En Nouvelle-Calédonie, deuxième anniversaire des émeutes sur fond de tensions politiques

À l’approche du deuxième anniversaire des émeutes qui ont secoué la Nouvelle-Calédonie, des messages d’alerte circulent sur les réseaux sociaux et dans les groupes WhatsApp des quartiers. Des Calédoniens se présentant comme des « voisins vigilants » affirment : « Il n’y aura pas de deuxième 13 mai, car la réponse sera immédiate et déterminée (…). Nous sommes organisés et prêts à réagir si la situation l’exigeait. »

L’explosion de violence survenue il y a deux ans a laissé des séquelles. Depuis, des comités d’autodéfense ont vu le jour et un « collectif de résistance citoyenne » s’est formé, avec des réunions régulières de « référents de quartier ». À Nouméa, des portails qui fermaient certaines rues demeurent visibles, malgré leur ouverture par les autorités.

Aucune manifestation d’envergure n’est prévue pour mercredi, et l’atmosphère est relativement calme. Cependant, le haut-commissariat de la République a interdit la vente d’alcool sur tout le territoire du 11 au 17 mai pour prévenir d’éventuels débordements.

Le débat sur le corps électoral a ressurgi à l’approche des élections provinciales, prévues pour le 28 juin. Ce sujet avait été à l’origine des tensions en 2024. En Nouvelle-Calédonie, ce scrutin est essentiel, car les trois provinces détiennent de nombreuses compétences et les institutions du territoire en dépendent. Toutefois, seuls les électeurs ayant justifié de 10 ans de résidence en 1998, ainsi que leurs descendants, peuvent figurer sur la « liste spéciale », représentant 181 728 électeurs, contre 220 046 sur la liste générale pour les élections municipales, législatives ou présidentielles.

Cette situation cristallise les tensions entre indépendantistes et non-indépendantistes. Les premiers craignent que l’ouverture du corps électoral dilue leur revendication en permettant à des Métropolitains sans attache sur le territoire de décider de l’avenir de l’archipel. Ils se disent néanmoins favorables à un élargissement du droit de vote dans le cadre d’un accord sur l’avenir institutionnel.

Les non-indépendantistes soulignent les trois référendums d’autodétermination de 2018, 2020 et 2021, qui ont tous vu le « non » à l’indépendance l’emporter, bien que le dernier ait été boycotté par les indépendantistes.

Ce débat, qui empoisonne la vie politique calédonienne, n’a pas trouvé de solution. L’accord de Bougival du 12 juillet 2025, rejeté par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), proposait d’ouvrir le corps électoral aux Français justifiant de 15 ans de résidence pour le scrutin suivant, puis de 10 ans pour les suivants. Le projet de loi constitutionnelle pour mettre en œuvre cet accord a été rejeté par l’Assemblée nationale le 3 avril, enterrant ainsi ces dispositions.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a proposé une ouverture partielle du corps électoral aux natifs et aux conjoints de Calédoniens, inscrite dans une loi organique devant encore être votée et validée. Cependant, cette disposition ne satisfait aucune des parties concernées.

L’association Un cœur, une voix a exprimé ses inquiétudes dans un courrier adressé au président Emmanuel Macron, soulignant que l’État entretient une instabilité permanente qui nuit à la paix civile et à la confiance dans les institutions. Le 31 mars, près de 2 500 personnes avaient participé à une manifestation pour l’ouverture du corps électoral.

Source : Franceinfo

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire