Et si la vie extraterrestre n'avait pas besoin d'eau pour exister ? Deux études élargissent le champ des possibles des mondes habitables

Et si la vie extraterrestre n’avait pas besoin d’eau pour exister ?

La recherche sur la vie extraterrestre pourrait connaître un tournant majeur. Pendant des décennies, les scientifiques se sont concentrés sur la notion de zone habitable, c’est-à-dire la région autour d’une étoile où la température permet à l’eau liquide d’exister en surface. Deux études récentes remettent en question cette perspective. L’une suggère que des rayons cosmiques pourraient nourrir des microbes sous la glace, tandis que l’autre propose que des liquides autres que l’eau pourraient soutenir la vie sur des planètes arides.

La vie extraterrestre pourrait se nourrir de rayons cosmiques sous la glace

Des chercheurs de l’Université de New York à Abu Dhabi ont modélisé un mécanisme innovant où des rayons cosmiques galactiques frappent de la glace ou de l’eau souterraine. Ces particules à haute énergie, issues de supernovas, déclenchent un phénomène appelé radiolyse, fragmentant les molécules d’eau et libérant des électrons. Selon un article dans l’International Journal of Astrobiology, certaines bactéries terrestres utilisent ces électrons comme source d’énergie, leur permettant de survivre sans lumière du soleil.

Les chercheurs estiment qu’Enceladus, la lune de Saturne, présente un potentiel idéal. La radiolyse pourrait y soutenir des centaines de milliers de cellules bactériennes par centimètre cube de glace. Mars et Europe, la lune de Jupiter, pourraient également offrir des conditions favorables. Ainsi, des planètes errantes sans étoile pourraient entrer dans ce que les scientifiques appellent la zone habitable radiolytique.

Un précédent terrestre existe avec la bactérie Candidatus Desulforudis audaxviator, qui survit à trois kilomètres sous la surface terrestre en tirant son énergie uniquement de la radiolyse.

Elle pourrait aussi reposer sur des liquides autres que l’eau

Sur des planètes trop chaudes pour l’eau, la vie extraterrestre pourrait utiliser d’autres solvants. Des chercheurs du MIT ont fait une découverte en étudiant la chimie de l’atmosphère de Vénus. En mélangeant de l’acide sulfurique avec des composés organiques azotés, ils ont obtenu des liquides ioniques, qui sont des sels fondus restant liquides à basse température. Une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences indique que ces liquides se forment dans diverses conditions, même sur des roches basaltiques.

Ces fluides présentent une caractéristique notable : contrairement à l’eau, ils n’évaporent presque pas, permettant à de petites flaques de persister sur des surfaces arides pendant des années. Les protéines restent stables dans ces liquides, ouvrant ainsi la possibilité d’une chimie du vivant différente de celle que nous connaissons.

Les contours redessinés de la zone habitable

Ces découvertes ne remettent pas en cause la zone habitable, considérée comme un outil utile pour orienter les missions spatiales et les recherches. Toutefois, elle ne suffit plus à définir tous les endroits où la vie pourrait exister. Des lunes glacées, des planètes arides et des mondes errants sont désormais inclus dans le champ des possibles.

La recherche de cette vie hypothétique demeure un défi colossal. Les biosignatures, c’est-à-dire les indices chimiques de la vie, pourraient différer considérablement de celles que nos instruments actuels détectent. Cette évolution implique une révolution tant philosophique que scientifique, nécessitant une acceptation que la vie extraterrestre pourrait être totalement étrangère à notre compréhension actuelle.

Source : Science et Vie

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