
Le mirage de l’assistance russe au Sahel : la propagande face aux échecs
Au Mali, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a repris cette semaine les attaques contre les convois de carburant, mettant fin à une brève accalmie. La junte au pouvoir à Bamako peine à desserrer l’étau, alors que la région connaît une explosion des attaques jihadistes depuis plusieurs années. Ces événements contredisent le récit officiel des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et de la Russie, qui intensifient leur offensive sur le plan informationnel.
Un an après la chute de Bachar el-Assad en Syrie, qui a permis de remettre en question le mythe de l’assistance russe au régime et de révéler l’ampleur des exactions contre les populations, la situation au Sahel soulève des interrogations similaires. Jonathan Guiffard, expert associé à l’Institut Montaigne et membre du projet GEODE, observe que l’expansion d’un système russe en échec met en lumière un paradoxe : malgré l’absence de résultats probants, ce dispositif semble gagner du terrain, alimenté par la corruption, la quête des ressources et un ordre mondial déséquilibré.
La situation dans la région illustre également l’impact croissant des informations erronées, notamment à travers les vidéos générées par l’intelligence artificielle. Ces contenus, de plus en plus présents sur les réseaux sociaux, compliquent la discernabilité des vérités dans les conflits, comme le montre la récente offensive du groupe armé M23 en République démocratique du Congo.
Cette dynamique souligne les défis auxquels sont confrontés les acteurs régionaux et internationaux, alors que les promesses d’une assistance efficace se heurtent à la réalité des violences persistantes.
Source : RFI






