
Nids-de-poule à Montréal : Un « problème de gestion » en cause, selon les cols bleus
À peine élu, le nouveau président du Syndicat des cols bleus de Montréal, Nicolas De Ciccio, accuse la Ville de Montréal de mauvaise gestion dans le dossier des nids-de-poule.
« En ce moment même, on est à plus ou moins 200 employés de moins qu’on devrait être, selon notre contrat de travail. Croyez-moi : si on avait ces gens-là sur la propreté et sur l’état des routes, on aurait des résultats incroyables », déclare M. De Ciccio dans une entrevue accordée à La Presse.
Arrivé à la Ville en 2011 comme agent de sécurité, M. De Ciccio est impliqué avec le syndicat depuis plus d’une décennie, ayant notamment été formateur en santé-sécurité et responsable du comité d’urgence COVID des cols bleus. Il a été élu jeudi dernier par les membres.
Selon lui, la métropole n’est plus attrayante en termes de conditions d’emploi. « Le stéréotype selon lequel être un col bleu, c’est une job payante, c’était peut-être vrai dans les années 2000, mais plus maintenant. La réalité, c’est que les gens sont beaucoup moins intéressés à venir travailler dans le trafic pour un salaire inférieur à ce qui est offert dans bien d’autres petites villes », résume-t-il.
La Ville a de plus en plus de mal à retenir son personnel qualifié. « Il y a clairement un problème au niveau de la gestion à la Ville. Les cols bleus, ils veulent bien faire leur travail, mais il leur faut des ressources », ajoute M. De Ciccio.
Pas de machines avant un bout
Le syndicat dénonce également que l’entretien des Pythons 5000, ces machines de colmatage automatisé de nids-de-poule, a été confié à une entreprise privée. M. De Ciccio estime que ces machines ne seront pas disponibles avant plusieurs semaines, alors que des employés formés et spécialisés pourraient les entretenir en interne. « Ce n’est pas normal qu’une ville comme Montréal, avec autant d’employés spécialisés, ne soit pas capable d’entretenir ses équipements rapidement. »
La mairesse Soraya Martinez Ferrada a annoncé qu’elle se donnait un an pour acquérir de nouveaux équipements fiables. L’administration teste actuellement de nouvelles machines conçues en Europe.
Entre-temps, les nids-de-poule seront comblés manuellement. Un Python 5000 peut boucher un trou en moins de 2 minutes et en réaliser plus de 300 par jour, un rythme nettement plus efficace que le colmatage manuel.
M. De Ciccio souligne que le problème est plus large : « Dans nos garages et avec le Service du matériel roulant, on n’est même pas capable d’avoir des pièces de base. Il faut commander des essuie-glaces, imaginez, parce qu’on ne les a pas sur place. Ça ralentit énormément le travail des cols bleus. »
Une entente dès cette année ?
Les 6000 cols bleus de la Ville sont répartis dans environ 180 corps de métier. Leur convention collective a expiré le 31 décembre 2024. En février et en avril, quatre journées de grève ont eu lieu, une première depuis 2009. Le principal point de litige est la proposition d’augmentation salariale de 11 % sur cinq ans, jugée insuffisante par les cols bleus, qui soulignent que d’autres villes proposent actuellement 22 % pour la même durée. M. De Ciccio estime qu’une entente est possible d’ici la fin de l’année, après avoir rencontré la mairesse pour discuter de solutions nouvelles.
Source : La Presse



