
Modernisation des ascenseurs : les Français sont-ils prêts à passer à l’action ?
La moitié du parc français d’ascenseurs a plus de 25 ans. Face à ce constat alarmant, les Français envoient un signal clair aux pouvoirs publics : la modernisation des ascenseurs ne peut plus attendre. Le baromètre « Les Français et les ascenseurs » 2026, réalisé par Ipsos BVA pour la Fédération des Ascenseurs, révèle une mobilisation sans précédent. 91 % des sondés estiment qu’un appareil de plus de 40 ans doit faire l’objet d’une rénovation importante. L’ascenseur n’est plus seulement un équipement de confort ; il devient un levier d’autonomie face au vieillissement de la population et un critère déterminant sur le marché immobilier. Les questions se posent : qui doit financer cette modernisation et comment la planifier ? Les réponses des Français dessinent un cadre précis et une demande politique urgente.
Un parc vieillissant : l’urgence de la modernisation des ascenseurs
Le baromètre Ipsos BVA 2026 révèle qu’1 usager sur 2 estime que son ascenseur date d’avant l’an 2000. 18 % des appareils remontent à avant les années 1980, tandis que 32 % ont été installés entre 1980 et 1990. Seulement 50 % datent de l’an 2000 ou après. Ce vieillissement structurel pèse directement sur la fiabilité des équipements. De plus, 32 % des Français jugent un ascenseur vétuste dès 20 à 30 ans d’utilisation, indiquant qu’une large part du parc actuel atteint déjà ce seuil critique.
Le vieillissement du parc produit des effets directs : pannes plus fréquentes et maintenance plus coûteuse. Les défauts électriques et la vétusté concentrent près d’un quart des pannes recensées. Ainsi, 91 % des Français exigent une rénovation importante pour tout appareil de plus de 40 ans, dont 52 % de manière systématique. Par ailleurs, 94 % jugent prioritaire le remplacement des ascenseurs vétustes dans les programmes de rénovation des bâtiments.
Qui doit financer la modernisation des ascenseurs ?
Les Français désignent clairement les propriétaires, copropriétés et bailleurs comme premiers responsables du financement de la modernisation des ascenseurs, avec 74 % d’entre eux partageant cette opinion. Sur la méthode, 46 % réclament une contrainte réglementaire directe envers les propriétaires, tandis que 37 % privilégient une démarche volontaire. Les Français ne demandent plus seulement des efforts ponctuels ; ils exigent un cadre structuré et anticipé.
Deux leviers recueillent une adhésion massive : 80 % des Français soutiennent l’instauration d’une provision annuelle obligatoire pour financer la modernisation des ascenseurs, et 85 % souhaitent que les ascenseurs figurent dans les plans pluriannuels de travaux (PPT).
Les incivilités : un frein à la modernisation des ascenseurs
La modernisation des ascenseurs fait face à un obstacle supplémentaire : les incivilités. 57 % des usagers déclarent avoir été témoins de dégradations, telles que souillures et détériorations matérielles. Ces actes ont des conséquences concrètes sur la durée de vie des équipements et sur les coûts de maintenance, perçus comme responsables de coûts plus élevés (39 %), de pannes plus fréquentes (35 %) et d’une usure prématurée (34 %).
Vieillissement de la population : l’ascenseur, condition d’autonomie
En 2030, 1 Français sur 3 aura plus de 60 ans. Dans ce contexte, l’ascenseur cesse d’être un simple confort et devient une condition d’autonomie et un levier concret du maintien à domicile. 29 % des Français citent l’ascenseur comme équipement clé pour rester chez eux le plus longtemps possible. Parmi eux, 22 % le placent en premier choix.
L’ascenseur, nouveau critère immobilier incontournable
39 % des Français font de l’ascenseur un critère décisif dans leur choix d’achat ou de location. En Île-de-France, ce taux grimpe à 62 %. Les attentes évoluent plus vite que les normes de construction, avec 56 % des Français jugeant l’ascenseur indispensable dès le 1er ou le 2e étage.
Malgré ces défis, les usagers affichent leur meilleur niveau de satisfaction depuis 2017. La confiance dans les sociétés de maintenance progresse à 81 % en 2026, une hausse de 8 points par rapport à 2024.
Néanmoins, ces résultats positifs ne masquent pas l’urgence. La satisfaction actuelle tient aux efforts continus de la profession, mais sans investissement massif dans la modernisation des ascenseurs, cette trajectoire risque de s’inverser.
Source : Ipsos BVA pour la Fédération des Ascenseurs, 2026.




