
Carcassonne : Plusieurs centaines de jeunes manifestent contre l’extrême droite
Lycéens et étudiants se sont mobilisés, mercredi 29 avril 2026, à Carcassonne, dans l’Aude, pour dénoncer les idées d’extrême droite. Une manifestation maintenue malgré les pressions du maire Rassemblement national, Christophe Barthès, accusé par les organisateurs de vouloir dissuader toute mobilisation.
Ils avaient annoncé leur mobilisation et ils ont tenu parole. Ce jour-là, plusieurs centaines de lycéens, d’étudiants et de jeunes actifs ont défilé dans les rues de Carcassonne pour s’opposer aux idées d’extrême droite. À l’initiative du collectif « Nous Carcassonne », cette manifestation intervient dans un contexte tendu, marqué par des menaces de suppression de subventions visant certaines associations.
Depuis plusieurs jours, le maire Rassemblement national de la ville, Christophe Barthès, a multiplié les prises de position. Il a notamment évoqué la possibilité de retirer des aides aux structures soutenant la mobilisation. Contacté, l’élu n’a pas souhaité répondre. Le sujet des subventions doit être abordé lors du conseil municipal prévu le jeudi 30 avril.
Au départ du cortège, la foule se rassemble dans une ambiance pacifique. Mégaphone à la main, Yassin El Kdim, porte-parole du collectif « Nous Carcassonne », donne le ton. « Le maire a cherché à nous intimider sans cesse. Le maire a cherché à nous faire peur et nous avons répondu avec force », lance-t-il devant les manifestants.
Pour ce collectif de jeunes âgés de 15 à 30 ans, l’enjeu dépasse la seule actualité locale. « Cette manifestation vise à rappeler quelques principes fondamentaux. Carcassonne n’est pas d’extrême droite. Carcassonne est universaliste, humaniste et résistante », affirme-t-il.
Dans les rangs, la mobilisation continue de grossir au fil des minutes. « Il y a encore du monde qui arrive », assure Yassin El Kdim. Malgré les pressions évoquées, le collectif revendique un droit à s’exprimer.
Au cœur des crispations, la question des subventions municipales. Plusieurs associations affirment être visées par les annonces du maire. C’est le cas de la Ligue des droits de l’Homme, qui conteste actuellement un arrêté anti-mendicité pris par la municipalité. Son président à Carcassonne, Patrice Cereza, évoque une décision « choquante ». « Il a annoncé la suppression d’une subvention de 300 euros, ainsi que l’accès aux locaux municipaux », explique-t-il. Pour lui, la motivation pose problème. « C’est une atteinte à la démocratie. On a le droit de ne pas être d’accord avec une décision politique sans être sanctionné. »
L’association a saisi ses instances nationales pour étudier les recours possibles.
Au-delà du collectif de jeunes, plusieurs organisations ont rejoint le mouvement, comme SOS Racisme. Sur place, un représentant de l’association dénonce une situation préoccupante. « On nous menace de supprimer les subventions alors qu’on a le droit de manifester. Ces associations font vivre la ville », souligne-t-il.
Pour lui, cette mobilisation répond aussi à un manque de réaction face à la montée de l’extrême droite. Il évoque des « effets concrets » depuis l’arrivée du RN à la mairie de Carcassonne, notamment sur les libertés. Selon la police, les manifestants étaient 300. Le cortège a ensuite pris la direction de la cité médiévale, dans une ambiance festive.
Source : France 3 Occitanie




