
Les détroits : points faibles du commerce mondial
Depuis le début de la guerre en Iran, le blocage du détroit d’Ormuz suscite des inquiétudes à l’échelle internationale. Cette artère maritime est essentielle pour le commerce des hydrocarbures, mais d’autres goulets d’étranglement, appelés « seuils stratégiques », existent également et menacent la liberté de navigation.
Les détroits, tels que celui d’Ormuz et de Bab El-Mandeb, sont cruciaux car ils relient des mers à des océans ou permettent d’éviter de longs détours, comme le détroit de Gibraltar ou le canal de Suez. La géographie continue de jouer un rôle prépondérant dans les échanges mondiaux, comme l’indique une citation du magazine The Economist : “La leçon à tirer de ces quatre dernières semaines est que, même à l’ère des avions, des missiles et des satellites, la géographie a toujours son importance.”
Depuis la seconde moitié du XXe siècle, l’économie mondiale s’est fortement maritimisée. Grâce aux avancées technologiques en navigation et aux accords internationaux sur la liberté de navigation, les échanges commerciaux par voie maritime ont considérablement augmenté. Actuellement, environ 85 % des exportations mondiales en volume sont transportées par bateau. Un blocage de ces seuils stratégiques pourrait donc freiner ou paralyser ce commerce.
Cependant, des solutions existent. Par exemple, la Chine, autrefois très dépendante des hydrocarbures du Moyen-Orient, a diversifié ses sources d’approvisionnement en se tournant vers la Russie et l’Asie centrale. De plus, elle utilise le pipeline Est-Ouest pour se fournir en Arabie saoudite, contournant ainsi le détroit d’Ormuz.
Concernant le détroit de Bab El-Mandeb, il pourrait également devenir impraticable si des tensions militaires persistent. Toutefois, même dans ce cas, les compagnies maritimes pourraient choisir de contourner l’Afrique, augmentant ainsi les distances et les coûts, mais sans impact majeur sur le prix des marchandises, grâce à la compétitivité du transport maritime.
Le dérèglement climatique influence également les voies de navigation. En 2024, de nombreux navires n’ont pas pu emprunter le canal de Panama en raison de la sécheresse, les obligeant à contourner le cap Horn. Par ailleurs, la fonte des glaces dans l’océan Arctique ouvre de nouvelles routes maritimes, rendant le détroit de Béring stratégique.
Ces dynamiques soulignent que, même dans un contexte de tensions géopolitiques et de changements climatiques, le commerce mondial possède une résilience intrinsèque.
Source : Courrier international






