
Accusé du meurtre de Jonathan, le tueur en série allemand va-t-il avouer aux assises de Loire-Atlantique ?
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La Cour d’assises de la Loire-Atlantique va juger à Nantes à partir de ce mardi 19 mai 2026 Martin Ney, un pédocriminel allemand de 56 ans accusé d’avoir enlevé le petit Jonathan lors d’une classe de mer à Saint-Brevin-les-Pins, dans la nuit du 6 au 7 avril 2004. Le corps de l’enfant avait été retrouvé lesté d’un parpaing à la surface d’un étang de Guérande.
Ce procès de trois semaines, qui se terminera le 5 juin 2026, est le résultat d’une enquête « d’ampleur » menée pendant de « nombreuses années » après des « recherches initiales infructueuses » sur les circonstances du rapt de ce garçon de 9 ans, issu du centre de mer des Pupilles de l’enseignement public (PEP) du Cher, comme l’a souligné le juge d’instruction dans son ordonnance de mise en accusation (OMA) en date du 6 décembre 2024.
« Tué dans un temps très proche » de son enlèvement
Des « investigations tous azimuts » avaient été orientées dès le départ vers les délinquants sexuels, en priorisant ceux susceptibles de se trouver au moment des faits dans « L’Escargot », une zone comprenant 96 communes des arrondissements de Pornic et Saint-Nazaire. Deux autres intrusions avaient déjà eu lieu « deux nuits de suite » en août 1998, soit six ans plus tôt, dans les locaux de la colonie PEP 18. Ces événements rappelaient « étrangement les circonstances de l’affaire Jonathan », a observé le juge d’instruction.
Un « tournant décisif » s’est produit dans l’enquête quatre ans plus tard, « avant l’été 2008 », lorsque un « nouveau rapport d’expertise » de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) a conclu que Jonathan n’avait pas été séquestré pendant plusieurs semaines, mais qu’il avait plutôt été « tué dans un temps très proche » de son enlèvement. Ce revirement a conduit les enquêteurs à se recentrer sur la « piste allemande ».
Déjà condamné pour les meurtres de trois autres enfants
Un agriculteur avait appelé dès le 31 mai 2004 le numéro vert mis en place après la disparition de l’enfant, signalant avoir croisé « vers 22 h » une BMW immatriculée en Allemagne près de son étang à Saint-Molf. Cependant, aucune investigation n’avait été menée à l’époque.
L’enquête a également pris un autre tournant en janvier 2017, avec les déclarations d’un codétenu de Martin Ney, un ancien employé de « garde d’enfants ». Ce dernier a révélé que Ney avait confié qu’il n’avouerait pas avoir commis des meurtres d’enfants tant que sa mère serait encore vivante.
« Martin Ney est devenu invisible »
Le juge a noté que, bien qu’il n’existe pas de preuves concrètes d’un séjour de Martin Ney en France pendant les faits, il n’existe pas non plus d’alibi solide. « Comme à chaque fois qu’il a tué un enfant, Martin Ney est devenu invisible », a déclaré le magistrat.
Les enquêteurs voulaient entendre Ney dès 2011
Le juge a également précisé qu’il n’a pas fallu attendre ces déclarations pour que la « piste allemande » soit considérée sérieusement. Des demandes d’entraide pénale internationale à destination de l’Allemagne souhaitant entendre Martin Ney comme suspect avaient été formulées dès l’automne 2011, mais avaient été refusées.
Source : Actu.fr, article de Julien Bouliou, publié le 17 mai 2026.






