
Bandas de Condom : Maryse, l’ambulancière devenue vice-présidente, se souvient du jour où des musiciens « lançaient du poisson sur la foule »
Tombée dans le chaudron des bandas en 1984, Maryse n’en est jamais ressortie, gravissant les échelons jusqu’au poste de vice-présidente depuis trois ans. Aujourd’hui, elle est surtout responsable du poste médical avancé, un maillon essentiel de la grande machine qu’est devenu le festival. Rencontre.
Bien que native d’un village voisin de la sous-préfecture, Maryse Lafontan découvre le festival de bandas en 1984 en tant que musicienne, au sein d’un groupe d’amis. « En suivant, on y a joué durant trois ou quatre ans. Et, dans la foulée, je suis rentrée au jury du concours, avant de m’occuper de l’hébergement. »
Depuis, l’ambulancière a rejoint le poste de secours du festival dont elle est désormais responsable. « Au départ, comme le festival ne commençait que le samedi, le poste de secours ne fonctionnait qu’une nuit, avec un seul médecin. Aujourd’hui, il est ouvert en continu sur toute la durée du festival. On est aussi passé de un à deux praticiens puis trois désormais. Il y a aussi des infirmières, une aide-soignante, deux pompiers et le personnel de la Croix-Rouge ; une équipe que j’ai constituée grâce à mes relations dans le monde médical, et par amitié. »
Maryse a vu la manifestation prendre de l’ampleur et se structurer au fil des ans. « J’ai vu le festival changer : la fermeture du site, les concerts du vendredi soir… Maintenant, c’est une grosse machine avec beaucoup de nouvelles contraintes, des conventions, mais aussi un cadre sécurisé. Malgré tout, l’équipe associative qui l’organise reste soudée, on veut continuer. Pour nous, le succès, c’est que les festayres ne se rendent pas compte de tout ce qui se passe dans les coulisses. »
Un esprit de famille
Maryse a trouvé une ambiance particulière au festival. « J’aime beaucoup faire la fête, le contact. J’aime cette organisation qui fait que l’on travaille tous ensemble, près de 450 bénévoles qui ne se connaissent pas forcément tous entre eux mais apportent chacun leur pierre à l’édifice. J’aime être au cœur de la fête au poste de secours mais aussi tout le travail en amont au sein des commissions de travail. On est là pour que tout se passe bien. »
Désormais vice-présidente de l’association organisatrice, Maryse n’aime guère les honneurs. « Certes, ce poste que j’ai depuis trois ans est une reconnaissance pour moi, mais je n’aime pas que l’on me rappelle ce statut. Ici, chacun a son rôle ; la plus petite fonction a son importance. »
Son poste lui permet néanmoins de vivre de beaux moments en marge du week-end festif du printemps condomois. « Cette année, on est allés aux Angles dans le cadre d’un partenariat. Ils organisent là-bas un petit festival de bandas. Nous étions une douzaine à leur donner un coup de main et c’était formidable. Ces échanges sont primordiaux pour moi. »
Du poisson sur la foule
Maryse se remémore des moments marquants du festival. « Je me souviens quand même de ce passage des Astiaous sur la grande scène, c’était extraordinaire et un peu fou. Ils jetaient du poisson sur le public ! Il y a des choses comme ça que l’on ne peut plus faire aujourd’hui ! »
Et si elle devait donner un conseil à ceux qui hésitent à venir découvrir la fête condomoise : « La musique, c’est la meilleure des thérapies. Tu es sur un nuage. Tu oublies tes soucis et tu te laisses porter par l’ambiance. »
Source : La Dépêche du Midi.





