« L’humain méprise quelque chose dont il est responsable » : cette Marseillaise vole au secours des pigeons

L’humain méprise quelque chose dont il est responsable : cette Marseillaise vole au secours des pigeons

Marseille (Bouches-du-Rhône), reportage

Les pigeons, souvent qualifiés de « rats du ciel », sont omniprésents dans nos villes, mais peu de personnes prennent le temps de les connaître. Céline Albinet, une Marseillaise de 30 ans, conteste cette vision négative. « Au mieux, on les ignore, au pire, on les méprise », déclare-t-elle. Pour elle, ces oiseaux méritent une attention particulière.

Depuis l’été 2025, Céline a créé un compte Instagram dédié aux pigeons, qui compte près de 45 000 abonnés. Son initiative a pris de l’ampleur, au point de fonder l’association Pinpon Pigeon, dont l’objectif est de sensibiliser le public à la santé et au bien-être de ces oiseaux. « J’ai voulu mettre mes compétences en communication au service d’une cause délaissée », explique-t-elle.

Céline a développé un intérêt pour les pigeons pendant le confinement, après avoir visionné une vidéo sur TikTok qui mettait en lumière les infections dont souffrent ces oiseaux, souvent causées par des déchets humains. « Encore une fois, l’humain méprise quelque chose dont il est responsable », souligne-t-elle.

Céline a depuis commencé à soigner les pigeons dans les rues de Marseille, utilisant un kit de soins comprenant des graines, des ciseaux et du désinfectant. « À Marseille, personne ne s’occupe des pigeons, ni les vétérinaires ni les centres de soins », déplore-t-elle.

Les pigeons se trouvent dans une zone grise légale, n’étant ni considérés comme des animaux domestiques ni comme des espèces sauvages. Les vidéos de Céline sur Instagram, où elle montre ses sauvetages, ont rencontré un grand succès, atteignant jusqu’à 400 000 vues.

Cependant, elle exprime des craintes concernant l’« effet Nemo », où son initiative pourrait inciter des gens à considérer les pigeons comme des animaux de compagnie. « Je souhaite moins filmer et davantage sensibiliser », dit-elle.

Céline continue d’approfondir ses connaissances sur le sujet, en lisant des ouvrages et en discutant avec des vétérinaires. Elle a même suivi une formation au centre de soins Faune Alfort pour ne pas véhiculer d’informations erronées.

Les désaccords persistent parmi les professionnels sur la meilleure façon de traiter les pigeons. « À l’école, ils n’ont pas appris à prendre soin de cette espèce, car personne n’est vraiment spécialiste », déclare-t-elle.

Céline Albinet, en se consacrant à cette cause, rappelle que c’est l’humain qui maintient la surpopulation des pigeons en leur fournissant des ressources alimentaires dans les villes. « Avant de trouver refuge sous nos toits, le pigeon vivait dans les falaises », conclut-elle.

Source : Reporterre

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