Un comité de l’ONU appelle l’État à inclure le peuple kanak dans ses réformes sur la Nouvelle-Calédonie

L’ONU appelle la France à inclure le peuple kanak dans les réformes de Nouvelle-Calédonie

Le 7 mai, un communiqué du comité de l’ONU a exigé que la France s’assure que toute mesure législative, constitutionnelle ou administrative liée au processus de décolonisation et d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie soit soumise à des consultations effectives, transparentes et de bonne foi avec les institutions représentatives du peuple autochtone kanak.

Le comité a souligné que des réformes politiques avaient été engagées « sans consultation préalable ni participation effective » du peuple kanak, en particulier en excluant le Sénat coutumier de Nouvelle-Calédonie et les conseils coutumiers des huit aires coutumières.

Mesures « immédiates et concrètes »

Cette instance a exprimé son inquiétude quant au fait que le processus actuellement promu par le gouvernement français ne constitue plus une négociation multilatérale impliquant la population de la Nouvelle-Calédonie. Le Comité a donc exhorté la France à prendre des mesures « immédiates et concrètes » pour garantir la participation du peuple kanak aux affaires publiques.

Début avril, l’Assemblée nationale française a rejeté l’accord de Bougival, un projet de loi constitutionnelle visant à réformer le statut du territoire, près de deux ans après le début de cette réforme, qui avait provoqué une crise insurrectionnelle ayant causé 14 morts. Le FLNKS, opposé à cet accord, craint un risque de « partition » du territoire.

« Usage disproportionné de la force »

Le Comité de l’ONU a également averti Paris que les récentes initiatives pour modifier le cadre politique établi par l’Accord de Nouméa pourraient compromettre les protections essentielles de cet accord, y compris le principe d’irréversibilité et le processus d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie. Il a exprimé sa « profonde préoccupation » face aux allégations d’usage excessif et disproportionné de la force, y compris de la force meurtrière, par les forces de l’ordre lors des violences de mai 2024.

Source : Communiqué du comité de l’ONU

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