
Sahara occidental : le Mali retire sa reconnaissance de la RASD au profit du Maroc
C’est un brusque changement de cap. Le vendredi 10 avril, le ministre des affaires étrangères malien, Abdoulaye Diop, a annoncé que le Mali retirait sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), rompant ainsi avec une ligne diplomatique maintenue par Bamako depuis 1980. Cette déclaration a eu lieu le même jour où son homologue marocain, Nasser Bourita, a été reçu à Bamako par le général Assimi Goïta, au pouvoir depuis le coup d’État de 2021. Le Front Polisario n’a pas encore réagi officiellement, alors que les célébrations du cinquantenaire de la RASD, proclamée en 1976, se sont achevées le 9 avril.
La portée de ce revirement malien doit cependant être nuancée. Selon Hannah Rae Armstrong, spécialiste du Sahara occidental et du Sahel, « les autorités n’ont jamais apporté un soutien significatif au Front Polisario ». Bien que la RASD dispose d’ambassades à Alger et à Pretoria, elle n’a aucune représentation diplomatique à Bamako. L’isolement du Mali sur le plan africain, suite au coup d’État, limite également l’impact de ce changement de position en faveur du Maroc.
Le changement de cap du gouvernement malien constitue une mauvaise nouvelle pour le mouvement indépendantiste sahraoui. Alors que le Burkina Faso a ouvert un consulat au Sahara occidental et que le Niger a salué la dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, favorable à la position marocaine, le Mali était jusqu’à présent le seul pays de l’Alliance des États du Sahel à afficher une relative neutralité.
Désormais, Bamako estime qu’« une autonomie véritable sous souveraineté marocaine est la solution la plus réaliste » pour un règlement définitif du conflit, justifiant sa décision par « une analyse approfondie » de ce qu’il considère comme un « important dossier ayant un impact sur la paix et la sécurité sous-régionales ».
Source : Le Monde






