
Comment l’UE renforce-t-elle ses capacités militaires spatiales ?
L’Union européenne intensifie ses efforts pour développer ses ressources militaires dans le domaine spatial, en réponse à la guerre en Ukraine et à la nécessité de réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis.
Historiquement, l’espace a été considéré comme un outil complémentaire plutôt que comme un atout stratégique. Ce point de vue a évolué suite à la cyberattaque ciblée contre le réseau de satellites KA-SAT, qui a eu lieu en février 2022, juste avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Cette attaque a perturbé les communications et l’accès à Internet en Europe, laissant les autorités et les citoyens ukrainiens dans une situation critique.
Lors de la Conférence européenne de l’espace en 2026, le commissaire à la défense et à l’espace, Andrius Kubilius, a appelé les 27 États membres à œuvrer pour une indépendance spatiale. Toutefois, selon une étude de l’International Institute for Strategic Studies (IISS), l’autonomie européenne en matière de capacités militaires spatiales pourrait ne pas être atteinte avant la fin des années 2030.
Investissements dans la défense spatiale
Les pays européens prévoient d’investir au moins 95,46 milliards d’euros dans leurs capacités spatiales d’ici 2030. L’Allemagne a annoncé un investissement de 35 milliards d’euros, tandis que la France a augmenté son budget de défense spatiale à 10,2 milliards d’euros. Au niveau de l’UE, la Commission européenne prévoit 10,6 milliards d’euros pour une nouvelle constellation de satellites sécurisés, à livrer d’ici 2030. De plus, les membres de l’Agence spatiale européenne s’engagent à investir 1,2 milliard d’euros dans un programme de résilience spatiale à double usage.
Cependant, combler l’écart avec les États-Unis reste un défi. Des estimations indiquent qu’un partage des charges de défense spatiale pourrait nécessiter au moins 8,67 milliards d’euros supplémentaires, tandis qu’une autonomie totale pourrait exiger 21,67 milliards d’euros de plus. Ces montants n’incluent pas les infrastructures terrestres, le personnel, la formation et la cyber-résilience.
Les experts soulignent que l’autonomie complète nécessitera encore un délai, potentiellement jusqu’à la fin des années 2030. L’IISS a noté que ces investissements manquent d’une stratégie cohérente pour combler les lacunes capacitaires essentielles dans la décennie à venir.
Source : Euronews




