
La résistante belge Lucienne Raepsaet se révèle dans un livre écrit par sa fille
Dans son ouvrage À fleur de mémoires (Éditions du Cerisier, 2025), Marianne Lefebvre-Raepsaet retrace le parcours de sa mère, Lucienne, surnommée « Lulu », résistante belge déportée au camp de femmes de Ravensbrück. Ce récit met également en lumière d’autres femmes résistantes tout en abordant les zones d’ombre de l’histoire familiale. L’auteure a partagé ses réflexions lors d’une rencontre autour du 8 mai, date de la commémoration de la capitulation de l’Allemagne nazie en 1945, marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.
Marianne Lefebvre-Raepsaet se tourne vers sa mère à travers les pages de son livre, déclarant : « Je ne crois pas qu’elle aurait aimé que j’écrive sur elle. Ma mère ne se vantait pas d’avoir été résistante. Elle considérait cela comme normal et croyait qu’il fallait se battre pour un monde meilleur. »
Pour retracer cette histoire, l’auteure a exploré les archives du Centre d’Étude Guerre et Société (CegeSoma) et a consulté des documents au CArCoB, le centre de documentation du Parti communiste belge. Elle a également étudié des œuvres d’autres auteurs traitant des conditions de survie à Ravensbrück, comme Sarah Helm et Germaine Tillion. Marianne Lefebvre-Raepsaet évoque les séquelles de l’incarcération sur sa mère, notamment un froid persistant et une peur des chiens.
Lucienne Raepsaet, née en 1918 dans une famille politiquement engagée à gauche, commence dès son jeune âge à distribuer des tracts contre le fascisme et la guerre d’Espagne. À 17 ans, elle espère rejoindre les Brigades internationales pour combattre le fascisme, mais se heurte à des obstacles liés au manque de féminisme dans les milieux de gauche. Elle rejoint le Parti communiste et, avec l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, elle rédige des articles pour la presse clandestine tout en cachant des armes.
Arrêtée par la Gestapo le 29 juillet 1942, Lucienne est envoyée à la prison de Saint-Gilles. Elle est finalement déportée à Ravensbrück en 1943, où elle passe trois ans. Le camp est connu pour ses conditions atroces, avec une estimation de 20 à 30 000 femmes décédées parmi les 130 000 détenues. Marianne Lefebvre-Raepsaet souligne l’importance de la solidarité qu’elle a toujours entendue de la part de sa mère, qui a survécu grâce à l’entraide.
Dans son livre, Marianne rend hommage à sa mère tout en mettant en avant les différentes formes de résistance des femmes dans le camp. Elle souligne la nécessité de raconter ces histoires, surtout dans un contexte actuel marqué par la montée de l’extrême droite et des conservatismes.
Lucienne Raepsaet décède en 1995. Son héritage, centré sur la lutte contre les injustices et le féminisme, perdure à travers l’œuvre de sa fille.
Source : Axelle



