Médias. Liberté de la presse : plus de 40 % des entraves proviennent d’un représentant de l’État

Liberté de la presse : Plus de 40 % des entraves proviennent d’un représentant de l’État

L’Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse (Ofalp) a récemment publié un rapport révélant une première analyse des atteintes à la liberté de la presse en France pour l’année 2024. Les résultats montrent un climat préoccupant de tensions et de violences à l’encontre des journalistes.

Sur les 91 cas d’atteintes recensés, 26 étaient des menaces, intimidations ou injures, 14 relevaient du harcèlement en ligne, 11 concernaient des restrictions d’accès à des lieux ou événements, et 8 étaient des pressions judiciaires. L’Ofalp souligne que ces chiffres ne reflètent que « la partie émergée de l’iceberg », avec des signalements supplémentaires à venir à mesure que sa démarche se fera mieux connaître.

Les principaux auteurs de ces atteintes sont des représentants de l’État, qui ont été impliqués dans 38 cas, soit 41,8 % du total. Parmi eux, les forces de l’ordre figurent en tête avec 14 cas, suivies par des parlementaires, dont 7 députés affiliés au Rassemblement national (RN) ou à l’extrême droite, et une sénatrice des Républicains (LR). D’autres atteintes proviennent d’individus isolés (18 cas) et de groupes informels (14). Les entreprises privées et les organisations politiques ont également été impliquées, chacune comptant pour 5 cas.

Ces entraves ont des conséquences directes sur le travail des journalistes. Par exemple, certains reporters ont été refusés d’accès à des meetings politiques ou à des manifestations. David Bobin, rédacteur en chef de France 3 Tarn, témoigne que sur les barrages, les gendarmes laissaient passer les véhicules ordinaires tout en immobilisant ceux portant le logo de France Télévisions.

L’Ofalp estime que dans 60 % des cas, les atteintes ont eu des répercussions sur l’information produite, la rendant ainsi « tronquée, amputée voire censurée ». Ces manœuvres peuvent également engendrer du stress et des troubles psychologiques chez les journalistes, les poussant potentiellement à éviter certains sujets par crainte de ne pas pouvoir accéder à des informations.

Le traitement des données pour l’année 2025 est actuellement en cours. Les signalements peuvent être adressés à l’adresse email signalement@ofalp.org. L’association recherche également des dons pour financer ses futurs rapports, dont la majorité du travail est réalisé par des journalistes bénévoles.

Source : Ofalp

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