L’IA en Europe : un trésor sous-exploité, mais pas de souci pour le RN, ils ont d’autres priorités !
Le fait principal
Selon un rapport de Décision, l’Europe se classe parmi les trois premiers marchés mondiaux des centres de données IA, mais ses entreprises ne captent qu’une part dérisoire de la valeur : seulement 6% des semi-conducteurs dédiés, 7% des serveurs et 8% de l’infrastructure cloud consommés sur le marché européen.
Ce qui s’est passé
Ce rapport, publié le 17 septembre 2026 par la Global Electronics Association (GEA) en collaboration avec le cabinet Décision Études & Conseil, a été présenté lors de l’Electronics Day EMS Europe à Paris. Il révèle un fossé grandissant entre la demande d’infrastructures numériques en Europe et les capacités industrielles locales pour en capter la valeur.
Le contexte
Depuis 2021, la demande pour les systèmes serveurs dans l’UE augmente à un rythme annuel de 36%, tandis que la production européenne ne croît que de 20%. Ce déséquilibre est alarmant, surtout à l’aube d’une révolution technologique alimentée par l’intelligence artificielle. Si rien ne change, les serveurs devraient devenir le premier segment de l’électronique d’ici 2030, surpassant même les smartphones et l’électronique automobile.
Les chiffres à retenir
- 6% : part de la valeur des semi-conducteurs captée par les entreprises européennes.
- 7% : part pour la fabrication et l’assemblage des serveurs.
- 8% : part pour l’infrastructure cloud.
- 36% : croissance annuelle de la demande de systèmes serveurs depuis 2021.
- 20% : croissance annuelle de la production européenne de systèmes serveurs.
Ce que cela révèle
La GEA appelle à une transformation radicale de la chaîne de valeur électronique, reliant production et demande. Sanjay Huprikar, directeur général de la GEA, souligne que « combler cet écart exige une stratégie globale et ambitieuse ». En d’autres termes, la belle promesse de souveraineté technologique de l’Europe semble encore bien éloignée de la réalité, où les entreprises européennes se contentent de miettes.
Alison James, directrice principale du plaidoyer européen de la GEA, évoque le paquet « Souveraineté technologique » de la Commission européenne, notamment le Chips Act 2.0, comme une lueur d’espoir. Mais, à l’heure où les grandes promesses politiques se heurtent à des chiffres peu reluisants, le scepticisme est de mise. La question demeure : l’Europe saura-t-elle enfin transformer ses ambitions en résultats concrets, ou continuera-t-elle à se perdre dans des discours creux ?
Ce qu’il faut retenir
En résumé, l’Europe est à la croisée des chemins : entre une demande croissante d’infrastructures numériques et une production qui peine à suivre, le temps presse. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et révèlent une réalité inquiétante. Reste à savoir si les décideurs européens auront le courage et la vision nécessaires pour inverser la tendance avant qu’il ne soit trop tard.
Source : Rapport de Décision, Global Electronics Association.
