Les origines ouvrières du 8 mars

Les origines ouvrières du 8 mars : un héritage de luttes

Le 8 mars est célébré comme la Journée internationale des femmes, un événement qui trouve ses racines dans les luttes des femmes ouvrières. Présente au Congrès de la Fédération internationale démocratique des femmes à Moscou en juin 1963, Simonne Monet-Chartrand rappelle que cette journée commémore la lutte héroïque des femmes travailleuses américaines dans l’industrie du textile et du vêtement à New York.

Le 8 mars 1857, des femmes manifestèrent dans le Lower East Side contre des conditions de travail inacceptables, notamment une journée de travail de douze heures et des salaires dérisoires. Cette marche fut réprimée par la police, entraînant arrestations et blessés. Cinquante et un ans plus tard, en 1908, des travailleuses de New York revendiquèrent les mêmes droits, tout en demandant le droit de vote.

En 1910, lors d’un congrès à Copenhague, Clara Zetkin proposa de célébrer le 8 mars comme Journée internationale des femmes, en mémoire de la grève violente du textile à New York. La première célébration officielle de cette journée a eu lieu en 1911, marquée par des manifestations courageuses en Allemagne, en Autriche, au Danemark, en Suisse et aux États-Unis. En 1914, un millier de femmes, dont Clara Zetkin, protestèrent contre la guerre en Allemagne et l’arrestation de Rosa Luxembourg.

En Russie, une mobilisation significative de femmes à Petrograd pour la Journée internationale de la femme contribua à la Révolution russe de 1917. Les manifestations, qui commencèrent le 8 mars dans le calendrier grégorien, réclamaient du pain, la paix et le droit de vote.

À la suite de la Révolution d’Octobre, les bolcheviks instaurèrent des droits substantiels pour les femmes, leur octroyant le droit de vote et l’accès à tous les métiers, tout en garantissant des congés maternité. Dans les années 1970, l’URSS affichait le taux d’alphabétisation féminine le plus élevé au monde, avec près de 45 % des femmes dans la main-d’œuvre.

Au Québec, les célébrations du 8 mars ont pris de l’ampleur depuis 1974, rassemblant des femmes de tous horizons pour revendiquer leurs droits à travers des événements variés. Ces journées visent à briser l’isolement des femmes et à favoriser l’échange d’idées pour un changement social.

Le thème du 8 mars 2026, « Générations deboutte », fait référence à l’héritage de luttes pour les droits des femmes au Québec, tout en soulignant l’importance de réapproprier cet héritage face aux défis contemporains.

Source : Simonne Monet-Chartrand

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