
Le CDI intérimaire : un contrat peu accessible pour les intérimaires
Le CDI intérimaire (CDII), instauré en 2013, a pour objectif de garantir un salaire minimum aux intérimaires entre deux missions. Cependant, une étude récente du service statistique du ministère du Travail révèle que seuls 7% des intérimaires en bénéficient, ce qui soulève des questions sur son efficacité à favoriser l’insertion professionnelle.
Issu d’un accord entre partenaires sociaux, à l’exception de la CGT et de FO, le CDII reste relativement rare. Selon les données de la Dares, fin 2024, environ 52.000 personnes étaient sous ce type de contrat. Ce dernier est signé entre une agence d’intérim et un salarié, qui continue d’effectuer des missions tout en bénéficiant de droits similaires à ceux d’un salarié en CDI, comme une rémunération minimale garantie et des congés payés.
L’étude de la Dares souligne que les agences de travail temporaire, confrontées à l’obligation de rémunérer les salariés en CDII durant les périodes d’intermission, tendent à proposer ce contrat uniquement aux intérimaires déjà bien insérés sur le marché du travail.
Seulement 6% de chances supplémentaires d’accéder à un CDI
Le profil des titulaires de CDII se distingue nettement de celui des autres intérimaires. Avant la signature de ce contrat, ces salariés exercent souvent des métiers industriels et accumulent plus d’expérience en intérim que la moyenne, grâce à des missions plus longues. En comparaison avec un groupe d’intérimaires aux caractéristiques similaires ayant débuté une mission d’au moins 30 jours, l’étude indique que les titulaires de CDII ont une probabilité d’obtenir un CDI trois ans après la signature de leur contrat qui n’est que de 6% supérieure à celle du groupe de contrôle.
Bien que les effets du CDII soient jugés positifs, l’étude conclut que son impact sur l’accès à un emploi stable est « assez faible » et concerne principalement des intérimaires ayant déjà de meilleures perspectives d’emploi. De plus, l’impact du CDII sur la rémunération future des intéressés demeure incertain, car il semble que ce dispositif ne favorise pas l’accès à des emplois mieux rémunérés.
Source : Dares





