
PFAS : des experts de l’ONU interpellent la France sur la pollution dans la vallée de la chimie
Cinq Rapporteurs spéciaux de l’ONU ont demandé à l’État français de s’expliquer sur ses efforts de lutte contre les PFAS, des polluants qualifiés d’éternels, dans la vallée de la chimie au sud de Lyon, évoquant de possibles « violations des droits humains ». Ces experts, mandatés par le Conseil des droits de l’homme, ont été alertés en juillet par l’association écologiste Notre Affaire à tous, qui a récemment rendu publique cette procédure.
Après avoir examiné les informations fournies, jugées « suffisamment fiables », les rapporteurs ont adressé en mars des courriers au gouvernement français ainsi qu’aux entreprises Daikin et Arkema, responsables d’émissions de PFAS sur la plateforme de Pierre-Bénite (Rhône). Dans leur document, mis en ligne, ils expriment leur « plus vive préoccupation quant aux effets néfastes sur les droits humains des activités d’Arkema France et de Daikin Chemical France ».
La contamination généralisée et persistante par les PFAS dans la vallée de la chimie suscite des inquiétudes quant à la mise en œuvre par le gouvernement de ses obligations en vertu du droit international, notamment la protection des populations contre « les violations commises par les entreprises sur son territoire ».
Les experts soulignent qu’il est préoccupant que les autorités publiques françaises n’aient pas rapidement appliqué le principe de précaution dans cette « région la plus contaminée de France » par les polluants éternels. Bien qu’ils reconnaissent les efforts récents des autorités pour réglementer l’usage des PFAS, ils estiment qu’il manque une vision à long terme pour en réduire l’utilisation sans affecter l’emploi.
Ils demandent au gouvernement et aux deux industriels de préciser les mesures déjà prises ou à venir pour réguler, informer, mesurer ou éliminer cette pollution, leur accordant un délai de 60 jours pour répondre.
Arkema France a indiqué que le courrier des experts de l’ONU « contient de nombreuses allégations factuellement inexactes » et a rappelé que le site de Pierre-Bénite est « conforme aux réglementations applicables ». De son côté, Daikin a annoncé qu’elle répondrait aux rapporteurs dans un « esprit de transparence et de coopération », affirmant avoir « accéléré ses investissements » pour mieux maîtriser ses émissions de PFAS.
Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, sont massivement utilisées dans l’industrie chimique et s’accumulent dans l’air, le sol, les eaux, la nourriture et le corps humain, d’où leur surnom de polluants éternels. Certains d’entre eux ont des effets néfastes pour la santé.
Source : La Croix



