
Pourquoi les Romains avaient-ils déjà leurs bornes kilométriques en Ardèche et en Drôme ?
Les bornes milliaires, discrètes mais fascinantes, témoignent du passage des Romains en Ardèche et en Drôme. Ces repères routiers de l’Antiquité mesuraient les distances entre les cités, illustrant l’organisation avancée de leur réseau routier.
Les Romains, bien qu’ils ne disposaient ni de GPS ni d’applications modernes, avaient établi un système routier efficace. Les bornes, imposants cylindres de pierre, étaient placées le long des voies antiques pour indiquer les distances parcourues. Comme l’explique Daphné Michelas : « On ne comptait pas en kilomètres, on comptait en mille romains. » Un mille équivalait à environ 1 481 mètres, soit « 1 000 doubles pas ». Ces bornes indiquaient donc le nombre de milliers de pas séparant deux villes importantes.
Au-delà de leur fonction pratique, ces bornes avaient également une portée politique. Elles portaient souvent le nom de l’empereur régnant, gravé dans la pierre, servant de « signature politique » lors des déplacements. Actuellement, plusieurs exemplaires sont visibles en Ardèche, notamment à Cruas, où se trouve le milliaire 17 d’Antonin, daté de l’année 145.
D’autres bornes subsistent à Rochemaure, Ruoms, Salavas et au Teil. Certaines ont été réutilisées au fil des siècles, intégrées dans le paysage local tout en conservant leur valeur historique. Ces vestiges rappellent l’organisation des territoires sous l’Empire romain, avec des routes structurées et des repères kilométriques.
Daphné résume : « Ces pierres nous rappellent qu’il y a 2 000 ans, nos territoires étaient déjà parcourus, organisés et reliés. » Dans la Drôme, une borne notable peut également être observée à Saillans, à l’intérieur de l’église.
Quelques lieux où observer des bornes millières
- Cruas : près de la basilique, milliaire d’Antonin daté de 145
- Rochemaure : à l’entrée nord de la commune
- Ruoms
- Salavas
- Au Teil
- Saillans : borne visible dans l’église
Ces bornes milliaires constituent un patrimoine discret mais précieux, témoignant d’une modernité étonnante dans l’organisation des voies de communication à l’époque romaine.
Source : ici.fr





