Après avoir chauffé 20 % français, ce petit village de Nouvelle-Aquitaine va devenir le tout premier site de recyclage de terres rares en Europe

Lacq : De la chaleur des foyers à la production de terres rares en Europe

Il y a soixante-dix ans, Lacq, un village des Pyrénées-Atlantiques, fournissait 20 % des foyers français en chauffage. Aujourd’hui, ce même site se prépare à devenir le premier centre de recyclage de terres rares en Europe, marquant une évolution significative de son rôle industriel.

Lacq, la plus grande réserve de gaz naturel de France

Le 19 décembre 1951, la Société nationale des pétroles d’Aquitaine (SNPA) découvre un gisement colossal de 150 milliards de m³ de gaz naturel à 3 555 mètres de profondeur. L’exploitation commence en 1957, mais le gaz, contenant 15 % de sulfure d’hydrogène (H₂S), nécessite des innovations techniques majeures. En 1982, Lacq atteint une production de 20 millions de m³ par jour, représentant un cinquième de la consommation nationale de gaz. Cela entraîne la création de la ville de Mourenx et le développement d’un bassin chimique autour du site.

Un déclin inévitable et une fermeture historique

À partir de 1983, la production de gaz commence à décliner en raison de la crise pétrolière de 1973 et de l’épuisement des réserves. En 2013, Total met fin à l’exploitation commerciale de Lacq, laissant uniquement une extraction résiduelle pour alimenter les sites chimiques environnants. Actuellement, la France importe 99 % de son gaz, principalement de Norvège et des États-Unis.

La reconversion : vers une vallée des aimants

Depuis 2010, le protocole LCC30 engage la transformation du site vers des activités liées à la chimie verte et à l’hydrogène, avec un accent particulier sur les terres rares. Le néodyme et le praséodyme, essentiels pour la fabrication des aimants permanents utilisés dans les éoliennes et les voitures électriques, sont au cœur de ce projet. Actuellement, la Chine contrôle 98 % du marché mondial des terres rares, créant une dépendance stratégique pour l’Union européenne.

En mars 2025, la première pierre de l’usine Caremag, développée par la société Carester, sera posée. La production est prévue pour fin 2026, avec des objectifs ambitieux de recyclage de 2 000 tonnes d’aimants par an et de production de 1 400 tonnes d’oxydes de terres rares d’ici 2027.

Un investissement franco-japonais

Le projet, d’un coût total de 216 millions d’euros, est financé à hauteur de 106 millions par l’État français et de 110 millions par des partenaires japonais, incluant le groupe Iwatani. Ce partenariat vise à renforcer la souveraineté technologique de l’Europe en matière de terres rares.

Perspectives pour 2027

La construction de Caremag devrait s’achever à l’été 2026, avec un objectif de faire de Lacq le hub occidental des terres rares d’ici 2030. Ce projet s’inscrit dans un cadre plus large, la « Vallée des Aimants », qui prévoit des investissements cumulés de 2,6 milliards d’euros. L’Union européenne ambitionne de produire 50 % de ses matériaux stratégiques localement d’ici 2030.

Lacq, autrefois symbole de l’industrie gazière, pourrait bien devenir un pilier de l’économie verte en Europe.

Source : Dossier presse Préfecture 64 – Bassin Lacq.

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