Qu’est-ce que le SOPK, première cause d’infertilité chez les femmes encore trop méconnue

Qu’est-ce que le SOPK, première cause d’infertilité chez les femmes encore trop méconnue ?

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est la première cause d’infertilité chez les femmes, touchant une femme sur sept. Ce dysfonctionnement hormonal se manifeste par l’accumulation de follicules ovariens bloqués dans leur développement, entraînant une production excessive d’hormones mâles, appelées androgènes. Actuellement, environ 70 % des femmes concernées ne sont pas diagnostiquées, ce qui en fait un problème de santé publique prioritaire, selon Charlotte Sonigo, médecin de la reproduction à l’Hôpital Antoine-Béclère.

Le 6 mai dernier, des spécialistes, dont Maëliss Peigné, chef de service de Médecine de la Reproduction à l’Hôpital Jean Verdier, ont participé à une journée de sensibilisation à l’Université Paris-Saclay, où ils ont échangé avec des patientes sur cette pathologie encore mal connue.

Les symptômes du SOPK incluent des irrégularités des cycles menstruels, une aménorrhée, une hyperandrogénie (hirsutisme, acné), ainsi que des risques accrus de maladies cardiaques et métaboliques, tels que le diabète et l’obésité. Les origines de ces symptômes demeurent indéterminées. Charlotte Sonigo souligne que le SOPK « porte mal son nom », car son appellation provient d’une confusion avec des kystes, alors qu’il s’agit de follicules immatures. Ce n’est qu’en 2003 que les critères de Rotterdam ont permis de définir le diagnostic.

Pour qu’une femme soit diagnostiquée avec le SOPK, elle doit répondre à au moins deux des trois critères suivants : cycles menstruels irréguliers, hyperandrogénie ou morphologie ovarienne anormale. Le SOPK n’est pas considéré comme une pathologie à part entière, mais comme un syndrome, ce qui signifie qu’il n’existe pas de traitement curatif unique. Les symptômes sont traités de manière isolée, la pilule contraceptive étant souvent prescrite pour réguler les cycles et réduire l’hyperandrogénie.

Émilie Cotta, secrétaire générale de l’association Asso’SOPK, a été diagnostiquée à 30 ans après une longue errance diagnostique de 18 ans. Elle souligne que chaque cas de SOPK est unique et appelle à une prise en charge individualisée. Les spécialistes conviennent que le suivi des patientes est encore embryonnaire et nécessite une approche multidisciplinaire.

Le SOPK, en tant que première cause d’infertilité, a des conséquences significatives sur la vie des femmes. Émilie Cotta raconte son parcours : après l’arrêt de la pilule, il lui a fallu trois ans pour concevoir, avec plusieurs tentatives infructueuses. Elle a finalement eu recours à la fécondation in vitro, réussissant à avoir un enfant après plusieurs échecs.

Ces témoignages soulignent l’importance d’une meilleure sensibilisation et d’une action politique pour intégrer le SOPK dans les programmes de santé, notamment à travers des ateliers d’éducation thérapeutique du patient, qui restent largement absents en raison d’un manque de financement.

Source : Humanité.fr

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