
La destruction du croiseur russe « Moskva » demeure un des faits d’armes majeurs de l’armée ukrainienne. On sait maintenant quelle unité en est responsable, et son nom renvoie à un militaire qui a choisi de se battre avec l’Ukraine au moment de la première indépendance, en 1917.
Le 14 avril 2022, le croiseur lance-missiles « Moskva », navire amiral de la flotte russe de la mer Noire, a coulé après avoir été touché par les forces ukrainiennes. Au départ, diverses hypothèses circulaient quant aux circonstances de ce naufrage, mais il a finalement été révélé que le croiseur avait été touché par deux missiles antinavires ukrainiens « Neptune ».
Pendant longtemps, une question est restée en suspens : quelle unité des Forces armées ukrainiennes avait frappé le « Moskva » ? On supposait qu’il s’agissait de la 406e brigade d’artillerie navale « Général Oleksiy Almazov », qui relève des Forces navales des Forces armées ukrainiennes. Cependant, pour des raisons de sécurité, la brigade n’était pas nommée explicitement. Le 22 janvier 2026, le commandant de cette brigade, le colonel Andriy Choubin, a été condamné par contumace en Russie à la prison à perpétuité pour avoir détruit, le 2 avril 2022, la frégate « Admiral Essen » et pour avoir coulé le croiseur « Moskva » les 13 et 14 avril.
Oleksa Almaziv, photo de 1925
Des débats ont régulièrement émergé sur Internet en Russie concernant Alexeï Almazov, dont le nom a été donné à la brigade responsable de la destruction du « Moskva ». De nombreuses informations circulent sur le général de l’Armée de la République populaire ukrainienne, Oleksa Almaziv, mais beaucoup d’entre elles sont contradictoires. Ce qui dérange le plus les Russes, c’est qu’Almazov était un officier de carrière dans l’armée impériale russe, détenant des distinctions honorifiques, y compris l’ordre de Saint-Georges de 4e classe.
Une enquête sur la version russe de « Wikipédia » a confirmé qu’Almazov était un officier de carrière de l’armée impériale. En ukrainien, il est toujours connu sous le nom d’Oleksa. Dès le 1er janvier 1918, il était commandant d’une batterie d’artillerie de montagne à cheval, puis d’un escadron, jusqu’à la guerre contre l’État ukrainien de 1917-1924.
Il est évident que, dans le milieu russe, il est difficile d’accepter que des brigades portant les noms de figures militaires de la République populaire d’Ukraine, qui étaient autrefois des officiers de l’Empire russe, combattent l’armée de la Fédération de Russie. En Ukraine, des unités comme la 59e brigade d’assaut distincte « Yakov Handziuk » et la 3e brigade d’intervention spéciale nommée d’après le colonel Piotr Bolbochan, également ancien officier de l’Empire russe, continuent de jouer un rôle actif dans le conflit.
Source : Tyzhden.





