
Le traitement hormonal de la ménopause augmente-t-il le risque de cancer du sein ?
Entouré de nombreuses idées reçues, le traitement hormonal de la ménopause est aujourd’hui reconnu comme le plus efficace pour soulager ses symptômes. Mais il ne peut pas être proposé à toutes les femmes.
Table des matières
- Qu’est-ce que le traitement hormonal de la ménopause ?
- D’où vient la polémique concernant ce traitement ?
- Que disent les données actuelles concernant le risque de cancer du sein ?
- Et concernant le risque d’AVC et de thrombose veineuse ?
- Dans quelles conditions le rapport bénéfice/risque est-il favorable ?
- Quelles sont les contre-indications ?
- En bref, que faut-il retenir ?
Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, douleurs lors des rapports sexuels… La ménopause survient en moyenne autour de 50 ans et correspond à l’arrêt du fonctionnement des ovaires et de la production d’hormones. Cette étape naturelle s’accompagne souvent de symptômes pouvant altérer le sommeil et la qualité de vie.
Le traitement hormonal de la ménopause (THM) est considéré comme le plus efficace pour soulager ces symptômes. Cependant, il est entouré d’idées reçues, notamment concernant un risque accru de cancer du sein ou de thrombose veineuse. Ces préoccupations proviennent en partie des résultats d’études majeures publiées au début des années 2000, dont l’interprétation a été nuancée par des analyses ultérieures.
Qu’est-ce que le traitement hormonal de la ménopause ?
Le THM consiste à administrer des hormones pour compenser la baisse des œstrogènes après la ménopause. Son objectif est de soulager les symptômes tels que les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale. Il existe principalement sous deux formes :
- L’œstrogène seul : réservé aux femmes ayant subi une hystérectomie.
- Le traitement combiné : associe l’œstrogène à de la progestérone pour les femmes ayant toujours leur utérus, afin de protéger l’endomètre.
En France, les hormones physiologiques « naturelles » sont utilisées, notamment l’estradiol et la progestérone. Les gels et patchs sont souvent privilégiés, car ils semblent associés à un risque plus faible de complications thromboemboliques.
D’où vient la polémique concernant ce traitement ?
L’intérêt pour le THM a été remis en question après les résultats de la Women’s Health Initiative (WHI), une vaste étude clinique publiée dans la revue JAMA. Cette étude a montré, chez plus de 16 000 femmes, une augmentation modeste du risque de cancer du sein dans le groupe recevant un traitement combiné œstrogène/progestatif, ainsi qu’un surrisque de thromboses veineuses et d’accidents vasculaires cérébraux.
Ces résultats, largement médiatisés, ont entraîné une baisse des prescriptions. Cependant, des analyses complémentaires ont révélé que les participantes étaient en moyenne âgées de 63 ans et avaient souvent commencé le traitement plusieurs années après le début de la ménopause, ce qui pourrait influencer le rapport bénéfice/risque.
Que disent les données actuelles concernant le risque de cancer du sein ?
Les analyses ultérieures, y compris celles de la cohorte E3N, ont précisé que :
- Le THM combiné est associé à une augmentation modeste du risque de cancer du sein, dépendant de la durée d’utilisation.
- Ce risque est plus faible ou absent avec l’œstrogène seul chez les femmes ayant subi une hystérectomie.
- Le surrisque observé est faible en valeur absolue et diminue après l’arrêt du traitement.
Certaines études indiquent que le type de progestatif utilisé pourrait également influencer le niveau de risque.
Et concernant le risque d’AVC et de thrombose veineuse ?
Le risque d’accident vasculaire cérébral et de thrombose veineuse dépend principalement de l’âge au début du traitement et des facteurs de risque individuels. Les données suggèrent que la voie orale est associée à un risque plus élevé de thrombose veineuse, tandis que la voie transdermique présente un profil de risque plus favorable.
Dans quelles conditions le rapport bénéfice/risque est-il favorable ?
Une revue récente de la littérature scientifique conclut que le THM demeure le traitement le plus efficace pour soulager les symptômes de la ménopause. Le rapport bénéfice/risque est généralement favorable lorsqu’il est initié dans les premières années suivant la ménopause.
Quelles sont les contre-indications ?
Malgré ses bénéfices, le THM présente des contre-indications strictes, notamment :
- Antécédents de cancer du sein ou d’autres cancers hormono-dépendants.
- Antécédents de maladie cardiovasculaire.
- Certaines maladies du foie.
- Saignements génitaux inexpliqués.
- Antécédents de méningiome.
En bref, que faut-il retenir ?
Le THM reste la solution la plus efficace pour soulager les bouffées de chaleur et prévenir l’ostéoporose. Cependant, il ne convient pas à toutes les femmes, et une évaluation médicale est essentielle pour déterminer son utilisation.
Sources : Inserm, Haute Autorité de santé (HAS).




