
Le tourisme au Maroc est-il vraiment un secteur sûr ?
Le tourisme au Maroc soulève des questions sur sa sécurité et sa durabilité, surtout dans un contexte international marqué par des crises géopolitiques, sanitaires et économiques. Ce secteur est devenu un pilier stratégique pour le développement économique du pays, soutenu par une forte expansion des infrastructures, des hôtels et des campagnes de promotion. Le Royaume a enregistré des records de fréquentation et une augmentation continue des recettes touristiques.
L’organisation de la Coupe du monde de football 2030, en collaboration avec l’Espagne et le Portugal, renforce encore les ambitions du Maroc, qui espère attirer des millions de visiteurs supplémentaires et améliorer son image à l’international.
Cependant, plusieurs fragilités persistent. Le tourisme est particulièrement vulnérable aux crises mondiales, qu’il s’agisse de conflits, de pandémies ou de fluctuations des prix des matières premières. Des destinations réputées, comme les Émirats arabes unis et la Grèce, ont montré que même les marchés les plus robustes peuvent subir des ralentissements brusques.
Le secteur touristique génère des centaines de milliers d’emplois dans divers domaines, mais ces emplois sont souvent précaires et saisonniers. La crise du Covid-19 a mis en lumière la dépendance de l’économie marocaine à ce secteur, laissant de nombreuses familles sans revenus.
Une autre question émerge : qui bénéficie réellement de cette croissance ? Les grandes chaînes hôtelières et les investisseurs étrangers semblent capter une part importante des bénéfices, tandis que les populations locales ressentent la pression de la hausse des prix et de l’immobilier.
De plus, le Maroc fait face à un stress hydrique croissant. Le développement d’infrastructures touristiques consomme des ressources naturelles dans un contexte de sécheresse de plus en plus préoccupant. Le défi consiste donc à construire un modèle touristique qui soit à la fois intelligent et résilient.
Le Maroc semble conscient de la nécessité de diversifier son économie vers d’autres secteurs, tels que l’industrie et les énergies renouvelables. Cependant, la question demeure : le tourisme pourra-t-il continuer à être une richesse durable face aux incertitudes mondiales ?
Source : Salma Semmar



