Le secteur audiovisuel en difficulté interpelle les pouvoirs publics sur leur apathie.
En difficulté, le secteur audiovisuel cible l’apathie des pouvoirs publics
Le secteur audiovisuel français exprime de vives inquiétudes concernant l’« apathie incompréhensible » des pouvoirs publics face aux défis économiques actuels. Lors du festival de la fiction de La Rochelle, les dirigeants de France Télévisions et de TF1 ont alerté sur l’impact négatif des baisses de financement sur leur capacité à créer des contenus de qualité.
La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a souligné que les plateformes de streaming étrangères, telles que Netflix et Disney+, prennent de plus en plus d’importance dans les investissements, menaçant ainsi l’écosystème créatif français. Elle a annoncé que son groupe devra réaliser des économies de 90 millions d’euros d’ici 2027, en raison d’une nouvelle réduction des dotations de l’État.
En conséquence, France Télévisions pourrait réduire ses investissements dans la création audiovisuelle, passant de 400 millions d’euros à 380 millions d’euros en 2027. Cette réduction a déjà conduit à l’annulation de plusieurs projets, notamment des fictions sur des thèmes sociétaux et des séries policières.
Les professionnels de l’audiovisuel craignent qu’une telle situation n’entraîne une diminution des productions, visible à l’antenne d’ici 2028. La présidente du principal syndicat des producteurs, Isabelle Degeorges, a évoqué la possibilité d’un plan social dans l’industrie, qui emploie 260 000 personnes.
Rodolphe Belmer, patron de TF1, a également critiqué l’absence de contrat d’objectifs et de moyens avec l’État, soulignant une politique de réductions budgétaires successives. Par ailleurs, le président de l’ARCOM, Martin Ajdari, a appelé à une régulation plus stricte des plateformes de streaming, notamment YouTube, qui, selon lui, ont un impact négatif sur le marché publicitaire de la télévision, qui a déjà reculé de 10 % cette année.
Les investissements des plateformes de streaming, bien qu’en hausse, ne compensent pas entièrement la baisse des contributions des diffuseurs traditionnels, qui ont chuté de 8 % entre 2024 et 2025. Les inquiétudes persistent quant à la diversité et à la quantité de contenus produits, alors que les stratégies des grands acteurs internationaux diffèrent de celles des producteurs nationaux.
Delphine Ernotte Cunci a comparé la situation actuelle à un « plan Marshall » nécessaire pour soutenir l’industrie audiovisuelle française, rappelant l’importance de préserver la culture locale face à l’influence croissante des productions étrangères.
Source : La Croix
