
Pourquoi le riz, don des dieux, est bien plus qu’un aliment au Japon
Denrée alimentaire de base en Asie, le riz n’est pas qu’un aliment dans l’Archipel japonais. Symbole de fertilité et du travail en commun, la riziculture structure le calendrier traditionnel et a longtemps été l’étalon de la richesse, perçue comme l’assise de la civilisation japonaise.
Actuellement, le Japon fait face à une pénurie de riz, entraînant une augmentation des prix. Cette situation résulte de plusieurs facteurs : le vieillissement des agriculteurs, la désertification des campagnes, le changement climatique, ainsi que des effets pervers de la politique agricole, qui inclut une réduction des surfaces cultivées pour éviter la surproduction et une limitation drastique des importations. En 1993, la pression des États-Unis pour obtenir l’ouverture du marché du riz japonais avait suscité une forte opposition de la part des agriculteurs, des partis politiques et de la population.
Cette levée de boucliers témoigne du poids politique des agriculteurs, dont les coopératives soutiennent le Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir, mais également de la valeur symbolique du riz cultivé localement. Les pressions américaines ont conduit à une entrouverture du marché dans le cadre d’un accord d’accès minimum. En 2025, en raison de la pénurie, le Japon a été contraint d’importer massivement du riz étranger. Les effets de la guerre au Moyen-Orient, avec l’augmentation du coût des engrais et des transports, ont également contribué à la hausse des prix du riz.
Source : Le Monde






