Le loriot, ce mystérieux « merle d’or » au sale caractère

Le loriot, ce mystérieux « merle d’or » au sale caractère

Cet article est publié en partenariat avec la Revue Salamandre.

Le printemps des oiseaux est déjà installé depuis plusieurs mois. Mais qui l’a déclaré ouvert ? Était-ce le souffle lugubre du grand-duc dès novembre dernier ? La note envoûtante de la grive draine fêtant le passage du solstice d’hiver ? Ou les ricanements du pic vert, en écho aux strophes enrouées du pinson des arbres, fin janvier ? Peut-être les hordes de cigognes blanches, vers le 20 février, pas discrètes pour un sou et souvent saluées par la presse locale. Que dire du retour des milans, presque inaperçu ? Certainement l’hirondelle et le coucou, accompagnés de dictons…

À l’arrière du peloton, de sa voix singulière, le loriot se signale parmi les derniers arrivés entre la fin avril et début mai. En même temps que lui, les bosquets, la rivière et le bocage accueillent enfin la tourterelle des bois, l’hypolaïs et le guêpier. Bondrées et pies-grièches écorcheurs sont maintenant attendues. Ensuite, fin du bal, place aux prémices estivales.

Le chant du loriot est éphémère. Au cours de mai, son chant se mêle à des poursuites furtives, pour disparaître presque complètement avec l’arrivée de l’été. Seuls les observateurs les plus attentifs auront compris ce qui s’est joué dans la frondaison des arbres.

Pour profiter de la présence de ce « merle d’or », il est conseillé de privilégier les bords de cours d’eau, les allées de peupliers ou les grandes haies, où ses vols brefs entre les cimes sont plus faciles à détecter. Imiter son ramage en sifflant peut également être une distraction amusante lors d’une balade, à pratiquer avec modération.

La palme de l’agressivité

Oriolus oriolus mesure entre 22 et 25 cm de longueur et pèse entre 65 et 78 g, des dimensions comparables à celles de la grive musicienne et de l’étourneau sansonnet. La femelle est d’un jaune plus verdâtre, souvent striée sur le ventre et la poitrine.

Ce passereau clairement arboricole recherche des boisements humides et frais dans un environnement chaud et ensoleillé. Il apprécie les forêts de feuillus avec sous-bois, les parcs, et les bocages épais.

Sa voix trahit souvent sa présence. Retranscrite sous les formes « didlio » ou « didlia-didlio », elle est inimitable, sauf par l’étourneau farceur. Moins enchanteurs, les cris grinçants sont émis entre deux ritournelles exotiques ou isolément pendant l’été.

Dans un article paru dans la revue belge Aves, l’auteur Jules Fouarge étudie le comportement d’espèces cohabitant dans les grands arbres. Il attribue au loriot d’Europe la palme de l’agressivité à l’égard de ses voisins, documentant des attaques sur pie, épervier, rollier ou milan.

Tendance positive

Dans la plupart des pays d’Europe, le loriot n’est pas considéré comme menacé. Les effectifs du passereau noir et or ont augmenté de 30 % entre 1993 et 2007 en Suisse, avant de se stabiliser. En France, une tendance positive est observée avec une hausse de 43 % entre 1989 et 2013, et ces effectifs sont globalement stables depuis. En revanche, l’espèce a disparu du Royaume-Uni, où elle a toujours été rare, la dernière reproduction datant de 2009.

Les observations récentes montrent que le loriot reste un oiseau fascinant et méconnu, dont la présence dans nos forêts est à la fois éphémère et précieuse.

Source : Revue Salamandre

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