
Des éclairs détectés pour la première fois sur Mars
Une avancée significative a été réalisée dans l’exploration de la planète rouge, avec la détection d’éclairs, ou plus précisément de décharges électrostatiques, sur Mars. Lors d’une conférence dédiée à l’électricité atmosphérique, Baptiste Chide, chercheur au CNRS à l’Irap de Toulouse, a révélé que le microphone de l’instrument SuperCam, monté sur le rover Perseverance, a permis d’identifier ces phénomènes.
En analysant les archives sonores du rover, l’équipe de chercheurs a repéré 55 impulsions électriques sur une période de deux années martiennes. Chaque impulsion présente une signature distincte : un signal électromagnétique suivi, quelques millisecondes plus tard, par une onde de choc acoustique. Cette découverte a été facilitée par un « défaut » d’ingénierie qui a permis d’utiliser le microphone comme une antenne pour capter ces décharges.
Ces décharges, qualifiées de « triboélectriques », se produisent lorsque des grains de poussière se heurtent et échangent des charges électriques. Baptiste Chide explique que ce phénomène est courant sur Terre, notamment dans les déserts et les colonnes de cendres volcaniques. Sur Mars, l’atmosphère très sèche, la présence constante de poussière, la faible pression et les turbulences violentes créent un environnement propice à ce type de décharge.
Les analyses météorologiques ont montré que ces éclairs se produisent principalement dans les tourbillons de poussière, appelés dust devils, ou à l’avant des tempêtes locales. Selon Franck Montmessin, planétologue au CNRS-Latmos et coauteur de l’étude, cette découverte marque un premier pas vers la compréhension des décharges électriques martiennes.
Bien que ces décharges soient modestes, elles pourraient avoir un impact significatif sur la dynamique atmosphérique de Mars. Les champs électriques générés pourraient aider à soulever des particules de poussière, intensifier les tempêtes et participer à la formation de perchlorates, des oxydants potentiellement destructeurs pour les composés organiques, un sujet d’intérêt majeur pour l’exobiologie.
Ces résultats soulignent l’importance d’intégrer des microphones dans les futures missions martiennes pour mieux comprendre les phénomènes atmosphériques de la planète rouge.
Source : Pour la Science





