
La lutte contre les fermetures de classes s’organise en Alsace
Une manifestation bruyante s’est tenue hier après-midi devant l’inspection académique du Bas-Rhin à Strasbourg, où une vingtaine de parents et d’élèves du nord de l’Alsace se sont rassemblés pour protester contre la fermeture de classes dans les communes de Leutenheim et Roeschwoog. Ce rassemblement a mis en lumière les préoccupations des habitants d’une région souvent perçue comme éloignée des décisions administratives.
Les manifestants ont symbolisé leur désespoir avec un cercueil blanc, couvert d’empreintes de mains noires, soulignant l’importance de l’école maternelle pour les générations passées. « L’école maternelle a fait grandir des enfants pendant des générations », a déclaré Yasmine, 10 ans, résidente de Leutenheim, une commune qui ne dispose plus de boulangerie, de restaurant, d’épicerie, ni de médecin. Sa camarade, Sarah, 8 ans, a exprimé son vœu d’un pays où tous les enfants peuvent apprendre et grandir dans leur village.
Les parents et les enfants partagent la crainte de voir leur mode de vie disparaître, jugé « rayé d’un trait de plume » par une administration distante. Adeline Mehr, mère de deux garçons, a souligné que leur village est « un refuge » et a insisté sur le fait que « ce qui est rationnel sur le papier ne l’est pas dans la vie ».
Le collectif des parents d’élèves, dont fait partie Thomas Meichel, a exprimé son sentiment de ne pas être assez écouté. Il a averti que la fermeture de classes pourrait entraîner des « triples ou quadruples niveaux », compliquant ainsi la tâche des enseignants.
La manifestation a été organisée par le collectif La main noire, qui vise à élargir la contestation à l’échelle alsacienne. Rim Ayari-Heyd, à l’origine du collectif, a dénoncé l’absence de concertation de l’Éducation nationale.
Parallèlement, une quinzaine de maires concernés par ces fermetures de classes ont été reçus par le directeur académique. Ces municipalités, qui ont investi dans les infrastructures scolaires, se sentent trahies. Christian Ball, maire de Stundwiller, a souligné le paradoxe : « Les villages sans école n’attirent pas ».
Cette situation met en exergue les enjeux liés à l’éducation en milieu rural et les conséquences potentielles sur la démographie et l’attractivité des territoires.
Source : DNA



