
Des glaciers des Pyrénées aux rivages du Finistère : Grégoire Eloy capte un monde en mutation
À plus de 3 000 mètres d’altitude, au sommet du Vignemale, la brume se mêle à un froid glacial. Pour explorer les mystères du plus haut sommet des Pyrénées françaises, il est nécessaire de faire preuve de patience, de courage et d’emporter une bonne paire de skis.
En octobre 2025, le photographe Grégoire Eloy a passé une nuit en bivouac sur ce sommet, accompagné du glaciologue Pierre René. « On se sent totalement démuni. Quand vous êtes là-haut et qu’il pleut, qu’il neige ou qu’il vente, vous ne pouvez pas vous abriter. Vous êtes à la merci des éléments », explique-t-il.
Équipé de ses appareils photo et fort d’une expérience de plus de vingt ans, Grégoire Eloy documente le déclin d’un des derniers grands glaciers pyrénéens, qui recule progressivement, laissant derrière lui un nouveau paysage géologique.
« Réinventer le regard »
Depuis 2016, le photographe de 55 ans multiplie les résidences artistiques en milieu naturel, allant de la forêt du Perche aux côtes anglo-normandes de Guernesey, en passant par l’estran du Finistère. Il s’installe pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, pour documenter cette « troisième nature », qui émerge dans les ruines d’un environnement affecté par le capitalisme, dans des friches urbaines, des zones irradiées ou sur la roche nue des glaciers.
« En reculant, le glacier a découvert un type de roche qu’on appelle “dos de baleine”, décrit-il. C’est une roche très lisse et qui présente de nombreux détails, presque des sculptures, ressemblant à une œuvre d’art contemporain. C’est un paysage qu’on ne voyait pas auparavant, qui s’est formé avec le changement climatique. »
Source : Grégoire Eloy / Tendance Floue






