
Les élèves ne se sentent plus en sécurité dans le collège
Rennes – Au collège La Binquenais, situé au sud de Rennes, le climat scolaire se dégrade. Les enseignants et les parents alertent sur un sentiment d’insécurité croissant, exacerbée par une augmentation des effectifs et une explosion des incidents. Cette situation a atteint un point critique avec l’interpellation d’un élève en mars dernier, trouvé en possession d’un couteau.
Le collège, classé en réseau d’éducation prioritaire, a vu ses effectifs passer de 400 à 650 élèves en quelques années, sans que les infrastructures et les moyens pédagogiques n’évoluent en conséquence. Les enseignants témoignent d’une atmosphère marquée par la violence quotidienne. Hugo Pellerin, professeur de français, souligne : « Les élèves nous le disent, ils ne se sentent pas en sécurité dans les couloirs, pas en sécurité dans l’établissement. »
Entre septembre et décembre 2025, 744 incidents ont été signalés, une augmentation significative par rapport aux 350 incidents enregistrés sur la même période l’année précédente. Les enseignants rapportent des actes d’incivilité en forte hausse, allant des bagarres aux menaces envers le personnel éducatif. Ils évoquent même des journées où jusqu’à 20 incidents peuvent survenir.
Les conditions de vie au sein de l’établissement sont devenues insoutenables. « Il manque des surveillants, c’est très clair », indique Pellerin, ajoutant que les élèves convoqués auprès de la vie scolaire s’échappent souvent sans que des sanctions puissent être appliquées. Ce manque de surveillance complique le suivi des élèves, en particulier ceux ayant des besoins spécifiques.
L’incident du 4 mars, où un élève a été intercepté avec un couteau, a cristallisé les inquiétudes. Ce jeune, déjà suivi par les services sociaux pour des comportements problématiques, a déclaré vouloir « tuer ses professeurs ». Les enseignants estiment que cet événement n’est pas isolé et craignent que la situation ne s’aggrave.
Face à cette montée de la tension, enseignants et parents ont décidé de se mobiliser. Ils prévoient d’occuper le collège les nuits des 4 et 5 mai pour faire entendre leur voix et réclamer des mesures immédiates, telles que l’augmentation des moyens humains et un meilleur encadrement. Une rencontre avec la direction académique est prévue, mais l’urgence de la situation est déjà palpable.
La sécurité des élèves et des enseignants est devenue une préoccupation majeure. Comme le soulignent les enseignants, « l’école doit être un lieu sûr ».
Source : France 3 Régions






