
Je n’ai pas envie de mourir et d’emmener tout ce que je sais : comment ces apiculteurs perpétuent l’art de leur métier
En Île-de-France, la récolte du miel a été bonne cette année et, en lisière de la forêt de Fontainebleau, une association de protection des abeilles s’efforce de transmettre le métier d’apiculteur.
Les hausses sont pleines, les cadres débordent. Près de Fontainebleau, le miel de colza est à point. La récolte est réalisée par Alex, apprenti apiculteur bénévole depuis trois saisons. « Ce sont des gestes précis à acquérir. Ce sont des positions qui ne sont pas toujours évidentes. Tout à l’heure, c’était plus dur parce qu’on était vraiment en hauteur. Puis il y a le poids aussi des cadres », explique Alex de Chabalier, administrateur de l’association « la cité merveilleuse ».
L’opération se déroule sous les yeux experts de Daniel Peppers, président de l’association. « Le miel est à 16-17 % d’humidité. Il est exactement conforme aux exigences légales », assure-t-il. Daniel, enfant d’apiculteur, a créé il y a dix ans cette association pour transmettre le savoir-faire paternel. « Je n’ai pas envie de mourir et d’emmener tout ce que je sais sur le fonctionnement d’une ruche. C’est un métier difficile qui n’attire pas énormément. La moyenne d’âge, par exemple, du syndicat des apiculteurs de la région parisienne, c’est 60 ans », observe-t-il.
Dans la miellerie artisanale à Verrières-le-Buisson, l’heure est à l’extraction. L’association produit, selon les années, environ 120 kilos de miel qu’elle vend sur les marchés. Les recettes annuelles, d’environ 3 000 euros, permettent de financer son fonctionnement et le coût du matériel. « On est assez souvent obligé de racheter des colonies d’abeilles. On a quelques menus fournitures. Il faut payer les pots, il faut payer un certain nombre de consommables, les étiquettes. On ne cherche pas à être très compétitifs. Et l’idée, c’est qu’on puisse vendre l’intégralité de notre production », déclare Stéphane Carré, administrateur de l’association.
La cinquantaine d’adhérents continue de perpétuer la tradition apicole. À Noisy-sur-École, les secrets de leur ruche pédagogique sont transmis aux enfants pour sensibiliser la jeune génération au sort des abeilles et à cet artisanat millénaire.
Source : France 3 Régions





