L’AES clame son refus de l’Occident, mais serre la main des juntes en coulisses !
Le fait principal
Le discours souverainiste des trois pays du Sahel vacille sous le poids des faits. En quelques semaines, les contradictions diplomatiques de l’Alliance des États du Sahel (AES) se sont intensifiées, révélant un aveu silencieux : le partenariat russe ne suffit plus.
Ce qui s’est passé
Le 10 avril 2026, à Bamako, le ministre des Affaires étrangères malien, Abdoulaye Diop, a annoncé le retrait de la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), rompant avec une position diplomatique maintenue depuis 1984. Ce geste, qui frappe directement l’Algérie, a été suivi quelques jours plus tard par la signature d’une vingtaine d’accords entre le Niger et l’Algérie, témoignant d’un rapprochement inattendu. Pendant ce temps, le Burkina Faso, sous la direction de la junte d’Ibrahim Traore, a validé discrètement l’agrément d’un nouvel ambassadeur israélien, tout en prônant un rapprochement avec l’Iran.
Le contexte
Depuis leur accession au pouvoir, les juntes de Bamako, Niamey et Ouagadougou ont construit leur légitimité sur un discours anti-impérialiste, dénonçant le néocolonialisme occidental. L’AES, fondée en 2023, a permis une rupture avec la CEDEAO, l’expulsion des forces françaises et un rejet des missions onusiennes, séduisant ainsi une partie de la population par un discours panafricain. Cependant, la réalité sur le terrain montre une dynamique bien différente.
Les chiffres à retenir
Entre janvier et décembre 2025, l’OCHA a recensé plus de 3 737 incidents sécuritaires causant 9 362 morts dans la région. Les forces russes, initialement déployées pour lutter contre le terrorisme, ont échoué à sécuriser le pays, laissant place à une montée de la violence.
Ce que cela révèle
Ces récentes manœuvres diplomatiques illustrent une incohérence frappante. Le Mali, tout en dénonçant l’ingérence étrangère, se rapproche du Maroc, un allié stratégique des États-Unis, tout en maintenant des relations ambiguës avec l’Iran et Israël. La question se pose alors : si le partenariat avec la Russie était la solution, pourquoi ces nouvelles alliances ? Ce retournement de situation met en lumière l’échec de la stratégie russe au Sahel, qui semble avoir atteint ses limites.
Ce qu’il faut retenir
Le discours souverainiste de l’AES, bien que puissant sur le plan interne, s’effondre face à la réalité des relations internationales. Les juntes sahéliennes naviguent dans un monde complexe où les alliances se forment et se déforment selon leurs intérêts immédiats, laissant leurs populations dans l’incertitude et la violence. Une fois de plus, c’est le peuple qui paie le prix de ces jeux diplomatiques.
Sources : Africa Intelligence, OCHA, diverses agences de presse.
