« En France, la soif de Dieu comble le vide laissé par les promesses du RN »
Le fait principal
L’évêque d’Ajaccio, Mgr François Bustillo, publie le troisième tome de ses « Carnets corses », où il affirme que la ferveur populaire entourant la venue du pape en France témoigne d’un besoin croissant d’autorité spirituelle. Une déclaration qui soulève des questions sur l’état de la foi et des institutions en France.
Ce qui s’est passé
Dans un entretien récent, Mgr Bustillo a mis en lumière l’absence de Dieu dans la société moderne, affirmant que cela a engendré une « soif de Dieu ». Cette observation intervient alors que le pape François s’apprête à se rendre en France, suscitant un engouement populaire sans précédent. L’évêque, connu pour ses prises de position claires et souvent controversées, semble vouloir rappeler que dans un monde de plus en plus sécularisé, la quête de sens pourrait se traduire par un retour vers des figures d’autorité religieuse.
Le contexte
La France, historiquement catholique, voit sa population se détourner de plus en plus des pratiques religieuses. Selon une enquête de l’INSEE, en 2021, seulement 29 % des Français se déclarent croyants. Ce phénomène de désengagement religieux s’accompagne d’une montée des mouvements populistes, qui promettent des solutions simples à des problèmes complexes. Le contraste entre la ferveur autour de la visite papale et le désenchantement général interroge : s’agit-il d’une simple nostalgie pour un temps révolu ou d’un véritable désir de retrouver des repères dans une société en crise ?
Les chiffres à retenir
– En 2021, seulement 29 % des Français se déclarent croyants (source : INSEE).- 63 % des Français se disent favorables à la séparation de l’Église et de l’État, selon un sondage IFOP de 2022.
Ce que cela révèle
La déclaration de Mgr Bustillo met en exergue un paradoxe : alors que l’Église tente de regagner du terrain, les chiffres montrent un éloignement croissant des Français vis-à-vis de la religion. La « soif de Dieu » pourrait bien être une réaction désespérée à un monde qui semble de plus en plus chaotique, mais qui ne trouve pas dans les institutions religieuses des réponses satisfaisantes. Et que dire du Rassemblement National, qui se veut le champion des valeurs traditionnelles ? Alors que ses leaders prônent un retour à l’ordre et à la moralité, ils semblent ignorer que leur discours ne fait que creuser encore plus le fossé entre les attentes des citoyens et la réalité des institutions. Le RN voulait donner une image de cohérence. Les déclarations successives racontent une autre histoire : celle d’un parti qui, tout en brandissant la foi comme un étendard, ne parvient pas à embrasser les réalités spirituelles de la France contemporaine.
Ce qu’il faut retenir
La publication des « Carnets corses » par Mgr Bustillo est plus qu’un simple ouvrage religieux ; elle est le reflet d’une société en quête de sens. La ferveur autour de la visite papale pourrait masquer une réalité plus sombre : une société désenchantée qui, malgré tout, aspire à des figures d’autorité. Mais ces aspirations, comme le montre la montée des populismes, risquent de se heurter à des contradictions profondes. La quête de Dieu, dans un monde de plus en plus désenchanté, pourrait bien être le dernier refuge d’une humanité perdue.
Source : Les Carnets corses de Mgr François Bustillo, éditions Fayard.
