
L’administration Trump contraint des journalistes à livrer leurs documents
Le ministre américain de la Justice par intérim, Todd Blanche, a défendu mardi 12 mai des injonctions judiciaires émises à des journalistes pour les obliger à remettre leurs documents et archives, dans le cadre d’enquêtes sur des fuites d’informations classifiées. Ces déclarations font suite à un article du Wall Street Journal révélant que le quotidien avait reçu des injonctions d’un grand jury fédéral exigeant la communication des archives de ses journalistes ayant couvert des sujets sensibles liés à la sécurité nationale, notamment la guerre en Iran.
Le président Donald Trump a également critiqué la couverture médiatique du conflit, qualifiant certains reportages de « fake news » et les qualifiant de trahison.
Todd Blanche a souligné que poursuivre en justice ceux qui divulguent des secrets nationaux aux journalistes représente une priorité pour l’administration, ajoutant que tout témoin détenant des informations sur ces fuites pourrait recevoir une injonction concernant la divulgation illégale de documents classifiés.
Le Wall Street Journal a rapporté que le ministère de la Justice mène une « offensive agressive » pour traquer les fuites dans les médias, en particulier concernant le début de la guerre en Iran. Trump aurait remis à Blanche une sélection d’articles qu’il considérait comme nuisibles à la sécurité nationale, avec un post-it indiquant « trahison ».
Ashok Sinha, directeur de la communication de Dow Jones, a exprimé son opposition à ces mesures, les qualifiant d’attaques contre le journalisme.
Les relations entre Trump et une partie significative de la presse sont marquées par des tensions, le président accusant régulièrement les médias de diffuser des informations mensongères. L’administration Trump a abrogé une politique mise en place sous Joe Biden, qui renforçait la protection des journalistes en limitant le recours à de telles injonctions.
En janvier, des agents du FBI ont perquisitionné le domicile d’une journaliste du Washington Post dans le cadre d’une enquête sur des fuites de documents classifiés, une action jugée « hautement inhabituelle » par le Comité pour la protection des journalistes.
Source : France 24



