
Vrai ou faux : le contresens vélo est-il une « ineptie » dangereuse, héritée de la majorité socialiste à Paris ?
Autoriser les cyclistes à circuler à contresens dans de nombreuses rues à sens unique suscite des interrogations. Contrairement à une idée reçue, cette pratique date de l’époque Sarkozy et provoque peu d’accidents.
La question a été posée récemment au nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, après qu’un auditeur sur franceinfo a dénoncé cette décision comme étant partisane. Pourtant, le principe du contresens vélo ne relève pas d’une initiative locale, mais d’une décision nationale prise sous la présidence de Nicolas Sarkozy en 2008. Ce décret, signé par le Premier ministre de l’époque, François Fillon, autorise les cyclistes à circuler à contresens dans toutes les rues à sens unique limitées à 30 km/h, sauf exceptions pour des raisons de sécurité.
Avant sa généralisation, ce dispositif existait déjà dans certaines villes comme Strasbourg ou Grenoble, mais était peu développé à Paris. Il ne s’agit donc pas d’une « idée socialiste », comme cela a pu être avancé.
Concernant la sécurité, une étude menée à Paris en 2012 indique que les accidents sur ces voies à double sens vélo sont peu fréquents. Une analyse plus récente portant sur 699 accidents graves sur quatre ans a élargi ce constat. En milieu urbain, 60 % des accidents et la moitié des accidents mortels se produisent aux intersections. Les scénarios les plus fréquents impliquent des refus de priorité ou des défauts de perception, comme un automobiliste ne voyant pas un cycliste ou un cycliste traversant soudainement la chaussée.
Les autres types d’accidents sont souvent liés à une mauvaise perception entre usagers circulant sur une même voie. Moins de 5 % des accidents sont attribués au double sens cyclable, selon une étude de l’organisme public Cerema. Malgré son caractère contre-intuitif, le double sens cyclable présente donc un faible niveau d’accidents graves. Une meilleure visibilité entre usagers, qui se font face, et une tendance à ralentir par réflexe de prudence sont des facteurs explicatifs.
Pour autant, la prudence reste de mise. Les intersections, les sorties de parking et le comportement des piétons constituent des points de vigilance importants. Une faible accidentologie ne dispense donc pas d’une attention constante.
Source : franceinfo





