
Inondations : le temps de la décrue et des leçons à tirer
À l’heure où les niveaux et débits des cours d’eau ligériens repartent à la baisse, la fédération régionale d’associations de protection de l’environnement, FNE Pays de la Loire, apporte son soutien aux personnes sinistrées et appelle à des réactions politiques de long terme pour l’adaptation au changement climatique tout en respectant l’environnement.
Des inondations « exceptionnelles » ?
Les Pays de la Loire, en particulier le Maine-et-Loire, ont été gravement touchés par des inondations atteignant des niveaux historiques. Les conséquences de ces événements dépendent de divers facteurs, notamment d’une météorologie d’une intensité remarquable, qui inclut une perturbation de l’écoulement des eaux due à des aménagements, l’artificialisation, des sols appauvris et saturés, ainsi que la destruction des milieux aquatiques et des zones humides. Le changement climatique est identifié comme un facteur aggravant, annonçant une récurrence accrue et une intensification des phénomènes extrêmes, qu’il s’agisse d’inondations ou de sécheresses.
Des territoires robustes pour mieux passer les crises
Pour atténuer les impacts des inondations, il est crucial d’agir sur les facteurs aggravants. La préservation des zones humides, reconnues pour leur capacité naturelle à stocker de l’eau, est essentielle. De plus, il est impératif d’interdire de nouvelles constructions en zones inondables. En matière d’aménagement, il convient de ralentir le cycle de l’eau en renaturant les cours d’eau et en permettant leur débordement dans des zones d’expansion des crues. La désimperméabilisation des sols, tant en milieu urbain qu’en milieu rural, ainsi que la replantation de haies sont également recommandées. L’adaptation des systèmes d’assainissement est nécessaire, surtout après plusieurs rejets polluants observés dans la métropole angevine récemment inondée.
Attention aux fausses bonnes idées
Les digues, bien que protectrices, ne sont pas infaillibles. Leur entretien est coûteux et leur efficacité face aux crues majeures peut être limitée, créant un faux sentiment de sécurité. Il est donc crucial de promouvoir une culture du risque et de préparer les habitations à la possibilité d’inondations.
Quant à la solution du stockage de l’eau, elle semble inappropriée au regard des volumes concernés par la Loire. Bien qu’elle puisse soutenir des usages comme l’irrigation, le stockage doit être encadré pour éviter des impacts environnementaux négatifs. De plus, les crues ne se produisent pas chaque hiver, et une insuffisance de remplissage des réserves pourrait compromettre les systèmes de production dépendants de cette ressource variable.
En conclusion, Jean-Christophe Gavalet, président de FNE Pays de la Loire, souligne : « De nombreuses solutions, fondées sur la nature, existent pour réduire notre vulnérabilité face au risque inondation. Nous avons besoin de politiques ambitieuses pour les mettre en œuvre sur le long terme, notamment dans les syndicats en charge de la GEMAPI, avec des moyens financiers correspondants, plutôt qu’un techno-solutionnisme de façade qui limite notre adaptabilité au changement climatique. »
Source : FNE Pays de la Loire.






