
La réorientation, un choix payant pour les étudiants en difficulté
La réorientation des étudiants en difficulté semble être une solution efficace pour améliorer leurs chances de réussite dans l’enseignement supérieur. Selon une étude menée par l’économiste Nagui Bechichi, les candidats qui optent pour une réorientation ont de meilleures perspectives d’inscription dans des formations supérieures les années suivantes. En effet, près de 69 % des étudiants ayant obtenu une réorientation réussissent à décrocher leur diplôme dans un délai de six ans, comparé à seulement 46 % parmi ceux dont la demande a été refusée. Les résultats varient en fonction de la proximité entre la formation initiale et celle demandée : les chances de réussite sont maximisées lorsque l’étudiant se réoriente vers une filière similaire mais distincte de sa filière d’origine.
L’étude souligne également les implications financières de ces réorientations. En prolongeant la durée des études, les étudiants réorientés engendrent des coûts supplémentaires. En moyenne, le coût total des études pour un étudiant réorienté est de 30 100 euros, ce qui représente 13 200 euros de plus que celui d’un étudiant dont la demande de réorientation a été refusée. Cependant, Nagui Bechichi estime que l’ouverture de places supplémentaires pour les étudiants souhaitant se réorienter pourrait générer un rendement social supérieur au coût pour les finances publiques, avec un retour estimé à 2,7 euros pour chaque euro investi à long terme.
Ces éléments mettent en lumière la réorientation comme un levier correctif, augmentant les chances de succès des étudiants initialement en difficulté. L’étude insiste également sur la nécessité d’une meilleure transparence concernant les formations disponibles, leur contenu, leurs exigences et les débouchés, surtout pour les lycéens. Notons que 50 % des demandes de réorientation proviennent d’étudiants ayant obtenu leur premier vœu sur la plateforme APB.
Source : Nagui Bechichi.





